Aversenvers.Fr

Rhétorique décousue sur la peur

mercredi 21 décembre 2011, par Némo

Silence dans ce sombre dédale,
La Solitude ça n'est pas être seul,
Mais de ne plus supporter la vue du linceul
Rappel incessant de la crainte qu'il moire.

Je rêve d'un marché d'Orient,
De ces chemins sinueux d'Occident,
Des langues éparses, des lagunes perdues
Que j'avais retrouvées, enfin.

Le voyage de mes songes
Épargne mes pieds, mais pas
Ma Solitude éternelle.
Que me resterait-il si tu partais ?

La Solitude est ma peur ;
Ces voyages mon deuil.

Pourtant dans les pas fiévreux
Que marque le prophète,
Je vois comme le chemin,
Me mène sans fin à Toi.

Tant de choses se sont tues,
Lorsque nos bouches scellèrent
L'union commune que l'Amour noue ;
Source d'aujourd'hui, fruit d'hier.

Tant de pensées nauséabondes,
De par les têtes, de par les coeurs,
Mais partout, l'écho d'un choeur vivace,
Espoir infini d'un horizon à la Solitude.

Qu'Astartée se présente en cruelle guerriere,
Que Bacchus s'étouffe dans son vin,
Que Bahivari m'écorche.

Jamais je ne vaincrais ce Silence altier,
Qui fait l'Ombre et la Solitude :
Puisque la vie ne cache souvent que mort,
Ton linceul moire mes peurs.

Mais ce linceul qui se fond dans le Silence ;
Dans l'Ombre sans vie de ma Solitude,
Ce linceul, disais-je, jamais ne masquera
Ton rire ; ma joie.


[poème intitulé "Rhétorique décousue sur la peur "]
Copyright © [Juillet 2010] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


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L'incroyable psychologie

mercredi 26 janvier 2011, par Némo

Probablement un des poèmes que j'ai le plus travaillé, peut-être l'un des plus tortueux aussi...

Acte premier. Prologue

Oyez, gens d'ici bas, vous les morts en sursis !
Voyez comme le silence soudain se fait ;
Lorsque la salle, comble, s'effraie.
Qu'une part de Ma vérité se révèle ici !

Trois coups,
Est-ce la mort selon vous ?

Silence, le spectacle commence,
Les rideaux s'effacent petit à petit.

Acte second. Scène première.

Deux ombres s'avancent, la flamme vacille ;
La flamme vacille doucement, puis s'éteint.
Stupeur dans la foule ; les ombres tournoient.

Pas un mot, silence de mort.
Les ombres dansent-elles ?
Non, elle se battent.

Voici que vient la lumière,
Que porte un laquais.
Rictus dramatique.

Souffle les ombres, cela n'avance à rien :
La lumière soulage les spectateurs,
Et chasse sans cesse ces tristes spectres.

Les ombres dispersées par la lumière
Ne reviendrons plus avant
Et le laquais sourit.

Sourire de guingois, sourire sournois.
Le public ignore tout du scénario.

Ce triste esclave éteint la flamme.
Qui est qui ; Qui sert qui ?

Se termine la scène, suffoque la foule.

Le rideau se ferme,
C'est l'entracte.

Acte troisième. Acte d'entracte.

«     - Avez-vous vu cela ?
     - J'ai cru défaillir.  »

Le bien vacille, cela est certain :
Bien que le mal n'y soit pour rien.
« Il » se moque de l'un comme de l'autre.
Qui est-« il » ?

La vérité est étrangère
à qui refuse de la voir.

Oyez braves gens :
Le dénouement est proche...

«     - Qui sait, peut-être est-ce là un leurre ?
    - Non, je refuse d'en voir plus avant.     »

Ainsi la foule n'est plus que moitié
de retour dans l'exécrable salle,
Elle se tait, elle veut savoir.

Trois coup,
Est-ce la mort selon vous ?

Silence, le spectacle continue :
Les rideaux s'ouvrent de nouveau.

Acte quatrième. L'ombre éclairera.

La scène est noire et silencieuse,
La scène est sombre, s'agitent les ombres.
On les pressent plus qu'on ne les voient.
Tandis que ris le laquais sournois.

C'est en un geste grotesque que meurt l'esclave,
L'ombre vainc et l'ombre perd le traître, l'agent.

Car l'ombre n'est pas qu'ombre :
Elle souligne la lumière ; apaise la noirceur.

Commence alors un ballet autour du corps sans vie,
grotesque figure du trompeur qu'haïssent les ombres.
Dansez, dansez ! Voyez comme se fait la lumière.

La nuit demeure pourtant sur scène par endroit.
Comme autant de graines d'un même mal.
Baste. Dansent, dansent les ombres !

Le rideau se (re)ferme.

Acte cinquième. Acte d'introspection.

La demie-foule est perdue

«     - Que devons nous penser
    - Le régisseur est-il pris de folie ?  »

Les questions pressent, nulles réponses,
personne ne perçoit l'ombre grandissante,
Et la foule, c'est ainsi que font les hommes,
S'entre-déchire pour savoir qui saura.

Ô spectacle sublime ; ô cadavres épars
Que découpe poétiquement la lumière :
Les ombres ricanent.

Trois coup,
Est-ce la mort selon vous ?

Silence, le spectacle va se terminer,
Les rideaux s'ouvrent.

Acte dernier. L'ombre et la lumière.

Lorsque le silence retombe,
Et que la mort est repartie
 - d'ombre ou de lumière,
c'est selon la foi -,

La scène se vide des pantins, des mirages,
Ne reste sur scène que l'ombre et la lumière,
Sublimes composantes de la même folie
Que transcendent le raisonnement sain.

Et parmi le public, tous s'écroulent un-à-un,
Les survivants ne le sont plus :
Car réduire l'ombre à la lumière ;
La lumière à l'ombre,
C'est accepter la mort, servile,
c'est se réduire soi-même.
C'est réduire l'humanité.

Et ainsi, le rideau se ferme sur la scène de notre psyché ;
sur cette incroyable psychologie.

[poème intitulé "L'incroyable Psychologie"]
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Hier & Demain

A celle qui, mêlant sa joie et son amour à ma folie,
me passera la bague au doigt.

Une forêt infinie. Le respect est silencieux.
Ma pensée est trouble ; ma vue se brouille,
Sais-tu, toi, où je suis ?

Regarde comme les pâles rayons
Traverse ces hautes frondaisons :
Ton amour tracera mon chemin.

Un bosquet clair-obscur me suspend,
Mon ombre est immobile et attend :
Ton amour bâtira mon espoir.

Ô taillis, m'allez-vous dire qui je suis ?
Ni mon ombre, ni ton ombre, autre chose :
Ton amour sera cette lumière.

Toutes ces ombres sont la restriction
De ta folie qui est aussi ma folie.
Et nous sommes cet amour.

Tout cela t'appartient
Lueurs, bosquet, folie,
L'ombre même !

Ô sens de mes sens,
Ô lendemains qui chantent.



[poème inti­­tulé "Hier & demain” huitième de la série "Dédicaces"]
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Ce souffle des prophètes

A ce qu'ose le souffle


Quel est ce souffle qui me prend et me soulève
Comme venu d'outre-tombe, de delà les mers ;
Ces déesses et leurs troubles cothurnes ;
Par delà le tombeau solaire s'oubliant ;
Par delà cette scène et ce laquais.

C'est un envahissant hymne à l'harmonie
C'est un poison sucré, nectar sordide ;
Impérieux devoir dont je tords le cou.

C'est ma folie, ô ce désordre envahissant,
Calme d'après-tempête, oeil mauvais.

Muse, va-t'en, mon choix est ailleurs
Je compose ce que dicte ma folie.

Que ces gardiens partent !
(En Arcadie, que sais-je ?)

Fat est leur soleil, fat leurs propos :
Leur style pue la viande faisandée.

Et je me perds au souffle de ma prophétie
Triomphant toujours de ma raison,
Puisque cette folie est loi.


[poème intitulé "Ce souffle des prophètes” septième de la série "Dédicaces"]
Copyright © [Eté 2010] [Jean-Mark Guérin]
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Perdition

mardi 26 octobre 2010, par Némo

Dans les méandres d'une vie
Aux plis trop nombreux,
Je me perdais, me suis perdu,
Ici ou ailleurs, qu'importe ?

Nulle attente que la mienne,
L'attente d'une attente infinie.
L'ombre ne venait pas
La sombre lumière non plus.

C'est là, entre deux plis de rien
Que je me perdais :
Rien ne vint
Jamais.

A quoi bon vouloir dire alors,
Tout ce que dicte l'ombre ?

A quoi bon, alors, tenter
Cette sombre prophétie ?

Je suis jeune encore,
Sans âge pourtant.

Cependant que la vieillesse maligne
S'insinue doucement dans mes vers.

[poème intitulé "Perdition"]
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Jamais plus...

lundi 18 octobre 2010, par Némo


Poème intitulé "Jamais plus"


Heureux qui, comme Ulysse,
S'en revient de loin
En sachant où aller.

Mais que possède Ulysse ;

Quelles prétentions ?
Adieu pensées nauséabondes,

Mon ombre vous confond.

A la lumière, je préfère ma sombre complice,
Que le diable vous emporte !


[poème intitulé "Jamais plus"]
Copyright © [2010] [Jean-Mark Guérin]
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Requiem Solaire

lundi 11 octobre 2010, par Némo


On peut prendre de bonnes résolutions sans pour autant attendre le premier jour de l'an, aussi vais-je essayer de publier ici un poème chaque semaine. Voilà pourquoi j'ai ouvert le dossier des poèmes "en cours" avec la ferme intention d'en sortir quelque chose...
Celui-ci marque la reprise de l'acte d'écriture qui fonde la ma poésie, il s'intitule "requiem solaire".

Le cadavre nauséabond du soleil
Gît en un profond mausolée
Trouvé alors que je cherchais
Du sens la source discrète ;
Le Ponant du Levant.

Ah ! Comme j'ai ri à la vue du pantin
Qui gardait la chambre funèbre :
Tant de sang écarlate répandu
Sur mes cothurnes faites ombres !


[poème intitulé "Requiem Solaire"]
Copyright © [Printemps 2010] [Jean-Mark Guérin]
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Les despotes

mardi 21 septembre 2010, par Némo

Après un long silence, je tente de renouer avec mon blog...

Beaucoup de projet pour mon site, mais pas encore de finalisation, il faudra peut-être attendre l'été prochain, en attendant, voici un poème écrit il y a un moment et jamais finalisé. Je vous le livre tel quel...

Ce poème s'intitule "les despotes"


Je suis seul, nous sommes cinq.
Nous sommes des milliers
Entre ici et nul part ;
Quelque part ou partout.

Et dans nos abimes de servitudes
Nous songeons, voyez : nous voyons,
A toutes ces chaines irréelles :
Sont-ce vos chaines si réelles ?

Il n'est pas de corps qui ne sentent
La présence obsédante, oppressante,
de votre tyrannie.

Vos pensées nauséabondes traversent la chair
puisque l'esprit est faible, si faible !
Pourtant partout réside cet espoir,
Comme une lumière brulante.

Car bientôt viendra le prophète
Celui qui vient et qui libère
Sera celui qui asservit.

Nous l'appellerons
Despote.


[poème intitulé "Les despotes"]
Copyright © [Printemps 2010] [Jean-Mark Guérin]
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Sans attaches

dimanche 27 septembre 2009, par Némo


Comme promis, voici un second poèmes, écris à la fin de cet été. C'est davantage un exercice de style ici : nulle ponctuation et un essai sur l'usage de la rime et du poème. A vrai dire je n'en suis pas totalement satisfait, mais baste ! Ce poème est intitulé "Sans attaches".

La rime fait et refait le poète, le lit deux fois
Alors que le poète n'écris jamais qu'une fois
D'abord sage et câline, la rime avoue le poète
Ensuite sauvage, elle le rit, elle l'interprète

Écoutez comme le poème, à vous, s'impose
Comme il est milles voix, milles symboles
Qui parfois s'en-viennent, parfois s'envolent
Mais la rime est libre et jamais ne se pose

Qu'est le poème, alors, s'il n'est rien vraiment
Est-ce un anathème ou une perle de sentiments
Comme un lourd abcès de pensées purulentes

La rime est libre et belle, parfois si crue et lourde
La rime n'attend pas, elle est une collision sourde
Car, rimes et poèmes nous défont et nous enfantes


[poème intitulé "Sans attaches"]
Copyright © [Aout-Septembre 2009] [Jean-Mark Guérin]
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Cessons donc ...

vendredi 25 septembre 2009, par Némo


D'autres poèmes suivrons sous peu ; celui-ci est un peu dur peut-être, je l'ai écris cet été après la lecture du livre de Calderon dont mon premier paragraphe est un éponyme. Ce poème s'intitule : "cessons donc..."

La vie n'est qu'un songe
Et l'existence s'illusionne,
Quel est le prix de la vérité
Si ce n'est celui de la poudre ?

Les tempes battantes, un homme défait
ce qu'une foule ne peut faire.
Mais un homme c'est misère :
Un rien dans un Océan de tout.

Nous vivons, nous aimons, nous luttons,
Nous mourrons, nous détestons, nous renonçons.
Et pourtant les cimes gardent leurs superbes ;
Et pourtant les fruits restent doux à nos langues.

Sachez que l'aigle que l'on croit discerner
N'est, en vérité, qu'un commun charognard :
Vil et grandiloquent. La vie n'est pas juste,
C'est une cruelle ironie sans vainqueurs
Ni vaincus.

La vérité crue ne dissipera jamais l'illusion,
Cessons de juger.


[poème intitulé "Cessons donc"]
Copyright © [Juillet 2009] [Jean-Mark Guérin]
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Terrasser l'hydre

mardi 16 juin 2009, par Némo

Voici encore un poème dont la lecture n'est certes pas facile, la forme est un choix personnel que dicte le fond et la curiosité qu'éveilla en moi la poésie d'Eluard qui se rit de la ponctuation et la boude sans complexe. Loin d'égaler le maitre, je re-interprète librement la griffe pour mieux me la rapproprier, peut-être à tort; Qui sais vraiment?

 

1. Comme l'hydre est apparut

L'hydre ! Milles têtes ; un seul coeur.
L'hydre ! Mille ans de malheurs.

C'est l'ombre d'une parque
Qui m'attire dedans la barque
Légère mais lourde de Charon ;
Milles vies s'oublient ainsi à l'Acheron.

L'hydre est affreuse : milles têtes
me susurrent d'une voix rauque
Comme mon âme qui s'entête
Est l'inutile captive du même roc
Que tout ces hommes de rien
Dont je suis le même chemin.

 

2. Comme la voix écarte la foi

Ha ! Cruelles chimères, je vous entend,
Mon coeur qui fut naguère indifférent
Se grise désormais de vos insidieuses voix
Perdant peu à peu ce qui lui reste de foi
sans pouvoir réprimer l'indolent sentiment
Que porte l'ombre des sombres vents.

Ô muse, ne sent tu rien venir ?
Voit, mon regard jadis clair se ternir.

Où donc est passé l'enfant que je suis,
L'indicible styx des songes me l'a-t-il pris ?

L'hydre m'ensorcelle et m'écoeure :
Milles têtes. Milles têtes, mais un seul coeur.

 

3. Que la muse sourit seulement

Ma pensée est folie, mes songes m'oublient,
Pourtant prophète de mes terres d'ombres,
Je gouverne le bonheur de mon verbe sombre.
Muse, mon regard éteint voit comme tu souris.

Va t'en parque ! Rejoins donc tes soeurs,
A votre Sabbat oubliez moi bien vite,
Je tuerais l'hydre, piétinée sans peur,
Mettant un terme à la voix de vos rites.

La plume ne donne pas de la mort l'envie,
Car, plume de ma muse, c'est un hymne de vie.


[poème intitulé "Terrasser l'Hydre"]
Copyright © [Avril 2009] [Jean-Mark Guérin]
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Circée seule le sait...

lundi 15 juin 2009, par Némo

Voici un autre des poèmes réalisés ces derniers temps.


Regards échangés et troubles pensées
Ainsi la vie s'en va et s'en vient
Deça ; delà, pareil à la feuille morte.

Ce vent mauvais aura-t-il raison
de moi, de toi et de nous tous ?
Circée seule sait la vérité.

Mais je suis libre ! Libre d'exister,
Libre d'amour et libre de pensée.
Ne le somme nous pas tous ?

Qui sait ? Circée seule en vérité.
Et je porte alors le triste fardeau
De l'existence humaine.

Mon chemin pourtant est joie,
Il reste d'amour ; il reste d'amitié.
Ô spleen ! Ô circée, tu sais bien !

Quand donc l'ombre du vent mauvais
Viendra-t-elle brusquement à moi,
Emmenant peines ; joies et souvenirs ?

Circée seule le sait. Circée seule en rit.


[poème inti­tulé “Circée seule le sait”]
Copyright © [Mars 2009] [Jean-Mark Guérin]
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Evermore

dimanche 14 juin 2009, par Némo

Après la série "concours", voici quelques poèmes réalisés dernièrement que je n'ai pas eu le temps de publier. Je les égrainerais dans les jours à venir pour ne pas submerger le lecteur d'un trop plein d'information :).

En hommage à P. Verlaine dont le poème "Nevermore" a été le tout premier à m'inviter à concevoir la poésie comme un travail de l'âme comme de l'esprit...

 

Souvenirs, souvenirs, que me voulez vous ?
Vos paysages sont-il autre chose que des songes ?

Un lac quiet et immobile fascine mes sens,
Les grillons crissent au son d'une cloche lointaine.

Le ciel est lourd, pesant et apaisant à la fois
Ici l'ultimat pourrait nous emporter,
Peut m'en chaux !

Des amis accompagnent ma marche silencieuse ;
C'est un bout de bonheur que toute cette eau.

Et le soleil darde et darde encore
Loin des frondaisons du bosquet dépassé.

La vue se dégage alors dévoilant un vallon ;
L'après-midi s'avance et nous sommes fourbus.

Apparaît le village et re-sonne le vieux clocher,
En écho des troupeaux qui rentre des pâturages.

Tu n'y était pas, mais présente dans mes songes,
Mes souvenirs s'illumine de ton sourire silencieux.

Le reste, tout le reste, n'est que poésie.

 

[poème intitulé "Evermore" sixième de la série "Dédicaces"]
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Ne pouvons-nous partir ?


Voici le second des deux poèmes réalisés pour le concours 2008 du "cercle de poésie Calliope". Après courte enquète et au vu des liens que cette association entretien avec la "Nouvelle Acropole", je ne participerais plus à ce concours. le thème était "l'idéal".

 

Il existe ma mie une contrée lointaine
Où vivent, discrets, de bons et sages bergers.
Pour eux, l'existence est une farce vilaine
Que ne relèvent que les astres éloignés.

Tout là-bas, le temps a suspendu son vol ;
Alphonse et Elvire sillonnent, quiets, le lac ;
Là-bas, tu auras l'éclat des beaux jours
Et les Parques ne joueront plus au trictrac.

Écoute ma mie, ne voulons nous partir ?
J'y pourrais voir renaître ton sourire,
Et j'y pourrais embrasser ta bouche.

Non. Tu restes muette et triste sur ta couche,
Car t'attends — je le sais — la sombre faucheuse,
Qui t'emportera malgré toutes mes prières pieuses.


[poème intitulé "Ne pouvons nous partir"]
Copyright © [Automne 2008] [Jean-Mark Guérin]
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« Et In Arcadia Ego »

Voici un des deux poèmes réalisés pour le concours 2008 du "cercle de poésie Calliope". Après courte enquête et au vu des liens que cette association entretien avec la "Nouvelle Acropole", je ne participerais plus à ce concours. Le thème fut "l'idéal".



Que l'on me laisse partir maintenant, j'ai soif d'aventures,
J'irais jusqu'en Arcadie puisque Morphée me conduit.

Que l'on me laisse aller, vivre et rêver, alors je m'envolerais,
Je n'ai nul besoin de cordes ou d'échelles, ma lyre me gouverne.

Que l'on me laisse seulement prier, rire et chanter à tue-tête,
Mes esprits et mon âme sont libres, ils s'enfuiront dans les nues.

**

Je ne suis pas Phébus ni Amour, mais Nerval et ma lyre s'étoile.
Laissez-moi vous dis-je, Pégase me reconnaitra sans doute.

Arrière, que l'on me laisse aller, vous verrez Charron demain.
Le passeur nous mènera vers l'oubli sans fin de Mes abysses.

Là, Je serais la primauté causale ; Je serais Râ l'étincelant.
Là, Je serais maître ; là, Je suis la source de toutes choses !

Croyez-moi et écoutez la voix des courants millénaires,
Écoutez le récit de Mes batailles et celle de Ma victoire.

J'en appelle à Vénus la belle, à Astartée la battante et à Bhairavi la cruelle,
Écrasez de vos cothurnes, car Je vous l'ordonne, les peuples mécréants !

**

Que l'on me laisse seulement à mes délires, je vis en Arcadie !
Ici, le temps s'arrête et Bacchus dort en un nouveau pausilippe.

Que l'on me laisse dire que le dormeur du val est ressuscité ici
Et que Rimbaud se promène à mes côtés, sa belle ourse en idéal.

Que l'on me laisse dire enfin que ma vie n'est pas là-bas, mais ici.
Car ici, en Arcadie, Vénus, Nerval et Rimbaud m'accompagnent.

**

Que l'on me laisse seulement dire alors : « Et In Arcadia Ego ».


[poème intitulé “Et in Arcadia Ego”]
Copyright © [Automne 2008] [Jean-Mark Guérin]
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Par un beau matin d'été...

Aujourd'hui je renoue avec ce blog puisque j'en trouve le temps. Je me fendrais peut-être d'un billet de reflexion, en attendant je nettoie un peu la partie cachée (le deus ex machina) de ce blog qui avait besoin d'un bon décrassage.

Bref, je vous livre dans ce billet et les suivant les poèmes qui ont été présentés à quelques concours de printemps. Aucun n'a été retenu.

 

Qu'un mot me manque


Qu'un mot me manque et me voici
Dépouillé.

Perdu dans un méandre de réflexions
Vertigineuses, j'en viens à t'oublier.

*

Ainsi pensais-je un jour qui précéda de
longues et tortueuses traverses langagières.

Je n'était pas dans ce monde ni de ce monde,
J'en suis certain.

*

Ce fut ailleurs, dans les collines d'Arcadie,
Où Pan charme encore quelques donzelles.

Saviez que j'étais là-bas chez moi ;
Vous saviez vous étranger de cela ?

Ma pensée guide la pensée,
Mon esprit commande l'esprit.

Mon songe est souverain
Astartée mon arme ; mon bouclier.

Circée me couronne, quand
Mon monde moire votre monde
De l'ombre d'une réponse.

*

Si un mot me manque
Dans le silence de mon silence
Perçois la cruelle beauté de mes songes.


[poème intitulé "Qu'un mot me manque"]
Copyright © [1er Avril 2009] [Jean-Mark Guérin]
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La rue crie

mercredi 22 avril 2009, par Némo

Voici longtemps que je n'avais plus publié sur mon blog, cela en raison de la période trouble que nous vivons à l'université mais également en raison de la préparation des dossiers pour le master.

En tout état de cause, j'ai retrouvé quelques poèmes oubliés au fond de mes carnets, je vous les livrerais donc au cours des jours à venir.

En voici un qui date de février de cette année, le ton est un peu mordant et je savais pas si je devais le publier ici ou pas. Finalement j'ai décidé que l'atypisme était une qualité...


La rue crie

L'oeil blafard de la nuit contemple les barricades
Le sang ruisselle des caniveaux débordants de viscères
Et les biens pensants se terrent au fond des maisons.

La révoltes gronde messieurs ! N'entendez vous pas ?
Que l'on tranche, que l'on coupe et que l'on tue,
Pourvue que l'on ne comprenne pas.

Le monde marchait sur la tête et l'espoir d'un rouge étendard
Souriait au coeur des malheureux, des miséreux et des cul-terreux :
Enfin le monde leurs appartenait ; enfin le monde changeait.

Que de cadavres ! Que de simulacres de justice pour les pantins de la cause.
Combien de mort pour le roi, combien pour le peuple ?
Combien de con, enfin, vivant malgré tout et malgré nous ?

Maintenant la justice ne gronde plus, la colère est sotte et l'homme est bête,
La rue crie tandis que les fortunes volent, le fossé du diable grandit, sans cesse,
Et ne s'y engouffre que les pauvres tandis que rient les bien nantis.

Alors la rue crie, la rue hurle et s'esclaffe au nom de causes improbables,
conduites par des incapables, des abrutis, qui mènent la rue au gouffre.
La rue crie, oui, elle crie parce qu'elle veut vivre, mais la rue meurt aussi.

Et les morts ne mènent rien...



[poème intitulé "La rue crie"]
Copyright © [Février 2009] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


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Mémoires et cultures 2008 (3)

mardi 10 février 2009, par Némo


Voici le dernier des trois poèmes proposés pour le concours poétique 2008 de l'association mémoires et cultures, c'est de loin mon préféré bien qu'il n'ai pas été retenu. Il est intitulé "Blason".

A celles dont les sourires nous transcendent.

Ô source des mots
Et source d'amour.
Ô fruit de nos envies
Et berceau des désirs.

Ô scène toujours nouvelle
Au rideau d'un rouge carmin,
De vinaigre ou bien de miel,
Toujours de la nacre l'écrin.

Ô fruits âprement défendus
Soudain offerts pourtant,
Ô diapason des sentiments
Éclairez ; attirez ; brillez !

Car la beauté et l'ivresse,
Le plaisir et l'amour,
Sont à vos pieds,
Sont à ce prix.


[[poème intitulé "Blason" cinquième de la série "Dédicaces"]
Copyright © [Aout-Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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Mémoires et cultures 2008 (2)


Voici le second des trois poèmes proposés à l'occasion du concours de poésie de l'association "mémoires et cultures", celui-ci n'a pas été retenu.

Partout
Sans cesse.

Oublie l'ombre,
Même la lumière.

L'aveugle voit ;
Le sourd entend.

Le muet sait
Mais il se tait.

Ils ont raison...


[poème intitulé "Le sens de la Vie"]
Copyright © [Aout-Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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Mémoires et cultures 2008

Voici dévoilé, comme promis, le poème publié dans le recueil du concours 2008 de l'association mémoires et cultures, ce poème est intitulé "Haïkus, nuit et narghilé".

Il me semble cependant moins bien finalisé qu'un autre des poèmes que j'ai écrit à cette occasion et que je publierais sans doute bientôt.


La nuit
trop calme
M'interroge.

*

Muet,
Je songe pourtant
dans la fumée.

*

Les plus belles lettres
S'envolent.
Si courtes !
*

La Lune
Me rappellera
ton sourire.

  
[poème intitulé "Haïku, nuit et narghilé"]
Copyright © [Aout-Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


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