Aversenvers.Fr

Suspendu

mardi 3 juin 2014, par Némo

Prophète et Roi sur les décombres d'Hier
Prophète et Roi d'une illusion !
Il ne reste rien de ce qui fut et le Temps file,
Suspendu.

Je fus Témoin,
Je fus Roi,
Je fus Prophète,
Me voici fossoyeux.

Il ne reste plus rien de ce qui fut.

Je ne suis plus rien.
Ni Roi.
Ni Prophète.

Humble, je le suis devenu ;
C'est la force des choses.
Et l'Ombre est revenue,
cruel rappel d'avant le Tout.


***

Tout, c'est la vie, c'est la joie,
C'est l'espoir même ! C'est l'Ombre
Qui n'est plus et la peur
Disparue.

Tout, c'est la Citadelle imprenable
La Montagne, le Bois et les plus fines feuilles.
Tout, c'est le Palais métaphorique ;
Le jardin somptueux, écrin de l'eau claire.

Tout, c'est le Saule ; pleurant de joie,
Porteur de vie ; porteur d'un futur.

L'ombre douce du Saule pourtant
C'était l'Ombre d'antan ; celle d'avant le Tout.


***

Et soudain ! Poussière ! Larmes !
Tout a disparu !
Ne reste que moi :
Le Temps est
Suspendu !

Ombre que veux-tu ?
Qu'ai-je dit ?
Qu'ai-je fait au Divin ?
Dois-je donc vivre
Suspendu ?


***

Baste !
Puisque Je ne suis plus, hélas,
Ni Roi, ni prophète,
Pour Toi, qui fut Tout.


[poème intitulé "Suspendu"]
Copyright © [6 novembre 2013] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | aucun commentaire | aucun rétrolien

Haïlku : labile babil sur l'injustice

L'eau bout sur le feu,
Comme ma colère est froide
Dans le froid d'hiver !

Injustice et haine
Dans les yeux et le coeur,
L'hiver est cruel.

La neige ne vient
Pas plus que la Paix en fin :
L'homme soumettra.


[poème intitulé "Haïku : Labile babil sur l'injustice"]
Copyright © [20 janvier 2014, Bron] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Haïkus | aucun commentaire | aucun rétrolien

l'Arbre foudroyé

Enfin ! L’arbre millénaire est foudroyé !
Ainsi s’accomplit la prophétie
Et disparait l’ignoble – oh, risible ! - destin.

Dieux ! Qu’attendiez-vous de moi ?
Ma haine est grande désormais.
Commandez : je commanderais,
Feu, Mort et la destruction même.

L’arbre millénaire a succombé
Et avec lui les illusions
De cette enfance
Egarée.

Courage !
Je suis donc destruction
Et l’enfant apeuré,
voué aux gémonies
A déchiré ses entrailles.

L’arbre millénaire est en cendre !
Et rien ne renaitra de cette poussière :
C’est ainsi que commence la nouvelle prophétie.

Mort et dévastation !
Dévastation ! Dévastation !
Ou alors pars ; pars,
Et crains ta propre colère.

Car l'arbre est foudroyé.


[poème intitulé "l'Arbre foudroyé"]
Copyright © [15 Décembre 2013, Lyon] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | aucun commentaire | aucun rétrolien

Haïku : un hiver si touchant

mercredi 12 mars 2014, par Némo

La neige brille
Sur les sommets si lointains.
Et tu t'envoles.

Nulle colère dans
La douceur des souvenirs,
Disparue soudain.

L'aventure vaut
La peine de vivre un
Hivers si touchant.


[poème intitulé "Haïku : un hiver si touchant"]
Copyright © [8 mars 2014, Paris-Lyon] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Haïkus | aucun commentaire | aucun rétrolien

Vers de nouveaux rivages

lundi 10 février 2014, par Némo

Mer d'amertume ; pâle et lourde Écume ;
Je pars !
Haines, Regret, Tristesse et Bassesse,
Je pars !

Dieux multiples, sur la Mer et la Terre,
Guidez mes pieds, guidez mes yeux.
Ô nymphes, ô déesses diaphanes,
Du fond de vos abysses, apparaissez !

Je pars ! Je pars !
Ah ! Possibles multiples,
vous me faites revivre.

Je pars ! Je pars !
J'en oublie soudain
L'arbre consumé ;
L'ombre misérable.

Le futur est lumière
En de nouveaux rivages,
L'amourette singulière
En de nouveaux visages.

Je pars ! Je pars !
J'espère ! J'espère !


[poème intitulé "Vers de nouveaux rivages"]
Copyright © [29 novembre 2013, Paris-Lyon] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | aucun commentaire | aucun rétrolien

Comme chaque année, de bonne résolutions...

mercredi 8 janvier 2014, par Némo

L'année 2013 est maintenant définitivement derrière nous : sa lente agonie qui n'en finissait pas commençait, pour ma part, à me porter sur les nerfs, je suis donc assez content d'être débarrassé de cette « Annus horribilis » pour reprendre le latinisme consacré (à tort ou à raison d'ailleurs).

Bref, je fonde de grands espoirs en cette année nouvelle et je vous souhaite à tous, rares lecteurs de mon blog de rimailleur, une très belle année 2014. Pour fêter cette année nouvelle, je partage avec vous l'un des poèmes que j'ai écrits en 2013.

J'ai, à ce propos, beaucoup écrit ces derniers mois, mais je n'ai que peu partagé. Cela peut-être en raison de ma pratique très marquée XIXe qui tend donc à mettre en mot beaucoup d'états d'âme. Dans la mesure où les mois récents furent durs et lourds, j'avais, d'une part, des réticences liées à la pudeur. D'autre part, j'avais des réserves en raison de l'implication de quelques personnes dans ces tranches de vie, implication qui nécessairement se retrouve d'une certaine façon sur le papier.

Mais baste ! Je trouverais bien à sélectionner quelques textes et, par ailleurs, j'espère bien écrire plus légèrement dans les mois à venir. Peut-être dans le courant de l'année en viendrais-je à recélébrer les élans d'un coeur à l'abandon.



Plus aucune espèce d'importance

 

Allons camarade ! La prophétie est passée :
L'Arbre Millénaire s'est embrasé soudain.
Astartée se fait attendre dans les décombres
De ton passé-cendre : tout est consumé.

 

Il te faut désormais reprendre cette route
Que prennent tous ceux qui fuient leurs décombres.
Et, partout, tu ne verras que Souffrance,
Car la route est pleine des plaisirs consumés.

 

Allons, camarade, ne pleure plus !
Prendre la route c'est ouvrir les bras,
C'est rêver et découvrir,
C'est aimer — peut-être.

 

Il te faut revenir à ce qui fut d'avant.
D'avant la première route ; d'avant la première vie.
À cette condition seule, tu t'ouvriras aux possibles ;
Tu t'ouvriras à des lendemains non encore consumés.

 

Allons, camarade, avançons !
Brûle ce qui te reste,
Ris de ce qui te reste :
Ça n'a plus d'importance.


[poème intitulé "Plus aucune espèce d'importance"]
Copyright © [8 Novembre 2013, Lyon] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | aucun commentaire | aucun rétrolien

France, puis-je te voir autrement ?

vendredi 26 avril 2013, par Némo

Poème présenté au concours Poésie en Liberté 2012 ~ non retenu. Ce poème fut peut-être une erreur en soi. En effet, il tend à réifier et à naturaliser un concept résultat d'une construction socio-historique dont les aboutissants sont glaçants (xénophobie, bellicisme, etc). Cependant, je ne peux nier que j'ai vécu des transports patriotiques  (On pourra évoquer p. ex. la coupe du monde 98) et que nous sommes largement socialisés à penser en terme de nation : est-ce vraiment autre chose que de se dire républicain ?

Bref, partants du constat que la nation est une construction artificielle mais largement intériorisée, il m'a semblé qu'il me fallait écrire sur cette nation qui n'a d'ouverture qu'aussi loin que va sa devise et qui souvent marginalise ceux-là même qui mériteraient le plus de considération et qui sont peut-être les plus républicains d'entre-nous : les immigrés...



France, puis-je te voir autrement,
Que ne te vois chaque jours qui passe ?
Puis-je vraiment fermer les yeux sur
La vie qui va, qui vient et qui souffre ?


On m'a loué ton caractère et appris
Combien belle était ton histoire.
Dans mes transports patriotique,
J'ai chanté et j'ai ris à être franc.


Mais je ne ferme plus mes yeux
Et mon âme sur cette vérité crue :
Tous ne sont pas chez eux, chez nous
Dans cette France pensée fraternelle.


Je songe chaque jour qui passe
Qu'en ton sein se fit le songe
Qui vit l'homme et la femme
Également libres de penser
De passer et de vivre.


Te confier le peuple qui vit,
Fut peut-être une erreur.
Lui qui rugit, lui qui rougit,
Lui qui s'en va et s'en vient,
Riche de sa diversité et las
De ne jamais trouver ton sein.


Car ainsi va ton penchant naturel,
Tu tends à toujours vouloir encager
Ceux que tu aimes et ce que tu redoutes,
Étouffant tous ceux qui fondent ta nation.


Mais sais-tu, ô France, qu'en t'ouvrant
Tu ne risques pas de te perdre mais bien
Plutôt de vivre et de t'animer pour qu'enfin
S’embellisse ton histoire et se colore ton âme.



[poème intitulé "France, puis-je te voir autrement ?" ~ PEL 2012"]
Copyright © [Mars-Avril 2012] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Concours | aucun commentaire | aucun rétrolien

Retour de voyage

jeudi 21 juin 2012, par Némo

Poème présenté au concours Poésie en Liberté 2012 ~ non retenu.


Cent ans devaient être passés
Et je ne reconnaissais plus
Ni celui que tu étais devenu
Ni tous ces mots ressassés.


Mes pensées furent vertigineuses
Pas tant d'avoir été profondes
Mais d'avoir été si nombreuses
Qu'elles abscondèrent le monde.


Mes esprits m'égaraient
Dans de sombres dédales
Sans lumière, sans idéal,
Sans jamais il est vrai
Me laisser entrapercevoir
Le sang et l'or d'un soir.


Cent années devaient être passées
Et cent années passèrent encore
Avant que mes pensées ressassées
Ne deviennent mots ; ne s'évaporent.

[poème intitulé "Retour de voyage ~ PEL 2012"]
Copyright © [Mars-Avril 2012] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Concours | aucun commentaire | aucun rétrolien

Rhétorique décousue sur la peur

mercredi 21 décembre 2011, par Némo

Silence dans ce sombre dédale,
La Solitude ça n'est pas être seul,
Mais de ne plus supporter la vue du linceul
Rappel incessant de la crainte qu'il moire.

Je rêve d'un marché d'Orient,
De ces chemins sinueux d'Occident,
Des langues éparses, des lagunes perdues
Que j'avais retrouvé, enfin.

Le voyage de mes songes
Épargne mes pieds, mais pas
Ma Solitude éternelle.
Que me resterait-il si tu partais ?

La Solitude est ma peur ;
Ces voyages mon deuil.

Pourtant dans les pas fiévreux
Que marque le prophète,
Je vois comme le chemin,
Me mène sans fin à Toi.

Tant de choses se sont tues,
Lorsque nos bouches scellèrent
L'union commune que l'Amour noue ;
Source d'aujourd'hui, fruit d'hier.

Tant de pensées nauséabondes,
De par les têtes, de par les coeurs
Mais partout, l'écho d'un choeur vivace,
Espoir infini d'un horizon à la Solitude.

Qu'Astartée se présente en cruelle guerrière,
Que Bacchus s'étouffe dans son vin,
Que Bhairavi m'écorche !

Jamais je ne vaincrais ce Silence altier,
Qui fait l'Ombre et la Solitude :
Puisque la vie ne cache souvent que mort,
Ton linceul moire mes peurs.

Mais ce linceul qui se fond dans le Silence ;
Dans l'Ombre sans vie de ma Solitude,
Ce linceul, disais-je, jamais ne masquera
Ton rire ; ma joie.


[poème intitulé "Rhétorique décousue sur la peur "]
Copyright © [Juillet 2010] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | aucun commentaire | aucun rétrolien

L'incroyable psychologie

mercredi 26 janvier 2011, par Némo

Probablement un des poèmes que j'ai le plus travaillé, peut-être l'un des plus tortueux aussi...

Acte premier. Prologue

Oyez, gens d'ici bas, vous les morts en sursis !
Voyez comme le silence soudain se fait ;
Lorsque la salle, comble, s'effraie.
Qu'une part de Ma vérité se révèle ici !

Trois coups,
Est-ce la mort selon vous ?

Silence, le spectacle commence,
Les rideaux s'effacent petit à petit.

Acte second. Scène première.

Deux ombres s'avancent, la flamme vacille ;
La flamme vacille doucement, puis s'éteint.
Stupeur dans la foule ; les ombres tournoient.

Pas un mot, silence de mort.
Les ombres dansent-elles ?
Non, elle se battent.

Voici que vient la lumière,
Que porte un laquais.
Rictus dramatique.

Souffle les ombres, cela n'avance à rien :
La lumière soulage les spectateurs,
Et chasse sans cesse ces tristes spectres.

Les ombres dispersées par la lumière
Ne reviendrons plus avant
Et le laquais sourit.

Sourire de guingois, sourire sournois.
Le public ignore tout du scénario.

Ce triste esclave éteint la flamme.
Qui est qui ; Qui sert qui ?

Se termine la scène, suffoque la foule.

Le rideau se ferme,
C'est l'entracte.

Acte troisième. Acte d'entracte.

«     - Avez-vous vu cela ?
     - J'ai cru défaillir.  »

Le bien vacille, cela est certain :
Bien que le mal n'y soit pour rien.
« Il » se moque de l'un comme de l'autre.
Qui est-« il » ?

La vérité est étrangère
à qui refuse de la voir.

Oyez braves gens :
Le dénouement est proche...

«     - Qui sait, peut-être est-ce là un leurre ?
    - Non, je refuse d'en voir plus avant.     »

Ainsi la foule n'est plus que moitié
de retour dans l'exécrable salle,
Elle se tait, elle veut savoir.

Trois coup,
Est-ce la mort selon vous ?

Silence, le spectacle continue :
Les rideaux s'ouvrent de nouveau.

Acte quatrième. L'ombre éclairera.

La scène est noire et silencieuse,
La scène est sombre, s'agitent les ombres.
On les pressent plus qu'on ne les voient.
Tandis que ris le laquais sournois.

C'est en un geste grotesque que meurt l'esclave,
L'ombre vainc et l'ombre perd le traître, l'agent.

Car l'ombre n'est pas qu'ombre :
Elle souligne la lumière ; apaise la noirceur.

Commence alors un ballet autour du corps sans vie,
grotesque figure du trompeur qu'haïssent les ombres.
Dansez, dansez ! Voyez comme se fait la lumière.

La nuit demeure pourtant sur scène par endroit.
Comme autant de graines d'un même mal.
Baste. Dansent, dansent les ombres !

Le rideau se (re)ferme.

Acte cinquième. Acte d'introspection.

La demie-foule est perdue

«     - Que devons nous penser
    - Le régisseur est-il pris de folie ?  »

Les questions pressent, nulles réponses,
personne ne perçoit l'ombre grandissante,
Et la foule, c'est ainsi que font les hommes,
S'entre-déchire pour savoir qui saura.

Ô spectacle sublime ; ô cadavres épars
Que découpe poétiquement la lumière :
Les ombres ricanent.

Trois coup,
Est-ce la mort selon vous ?

Silence, le spectacle va se terminer,
Les rideaux s'ouvrent.

Acte dernier. L'ombre et la lumière.

Lorsque le silence retombe,
Et que la mort est repartie
 - d'ombre ou de lumière,
c'est selon la foi -,

La scène se vide des pantins, des mirages,
Ne reste sur scène que l'ombre et la lumière,
Sublimes composantes de la même folie
Que transcendent le raisonnement sain.

Et parmi le public, tous s'écroulent un-à-un,
Les survivants ne le sont plus :
Car réduire l'ombre à la lumière ;
La lumière à l'ombre,
C'est accepter la mort, servile,
c'est se réduire soi-même.
C'est réduire l'humanité.

Et ainsi, le rideau se ferme sur la scène de notre psyché ;
sur cette incroyable psychologie.

[poème intitulé "L'incroyable Psychologie"]
Copyright © [2010-2011] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | aucun commentaire | aucun rétrolien

Hier & Demain

A celle qui a partagée ma vie un moment.
Un poème écris à sa pensée, alors que notre chemin semblait continuer encore
.

Une forêt infinie. Le respect est silencieux.
Ma pensée est trouble ; ma vue se brouille,
Sais-tu, toi, où je suis ?

Regarde comme les pâles rayons
Traverse ces hautes frondaisons :
Ton amour tracera mon chemin.

Un bosquet clair-obscur me suspend,
Mon ombre est immobile et attend :
Ton amour bâtira mon espoir.

Ô taillis, m'allez-vous dire qui je suis ?
Ni mon ombre, ni ton ombre, autre chose :
Ton amour sera cette lumière.

Toutes ces ombres sont la restriction
De ta folie qui est aussi ma folie.
Et nous sommes cet amour.

Tout cela t'appartient
Lueurs, bosquet, folie,
L'ombre même !

Ô sens de mes sens,
Ô lendemains qui chantent.



[poème inti­­tulé "Hier & demain” huitième de la série "Dédicaces"]
Copyright © [2010] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dédicace | aucun commentaire | aucun rétrolien

Au souffle de ma prophétie

A ce qu'ose le souffle


Quel est ce souffle qui me prend et me soulève
Comme venu d'outre-tombe, de delà les mers ;
Ces déesses et leurs troubles cothurnes ;
Par delà le tombeau solaire s'oubliant ;
Par delà cette scène et ce laquais.

C'est un envahissant hymne à l'harmonie
C'est un poison sucré, nectar sordide ;
Impérieux devoir dont je tords le cou.

C'est ma folie, ô ce désordre envahissant,
Calme d'après-tempête, oeil mauvais.

Muse, va-t'en, mon choix est ailleurs
Je compose ce que dicte ma folie.

Que ces gardiens partent !
(En Arcadie, que sais-je ?)

Fat est leur soleil, fat leurs propos :
Leur style pue la viande faisandée.

Et je me perds au souffle de ma prophétie
Triomphant toujours de ma raison,
Puisque cette folie est loi.


[poème intitulé "Au souffle de ma prophétie” septième de la série "Dédicaces"]
Copyright © [Eté 2010] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dédicace | aucun commentaire | aucun rétrolien

Perdition

mardi 26 octobre 2010, par Némo

Dans les méandres d'une vie
Aux plis trop nombreux,
Je me perdais, me suis perdu,
Ici ou ailleurs, qu'importe ?

Nulle attente que la mienne,
L'attente d'une attente infinie.
L'ombre ne venait pas
La sombre lumière non plus.

C'est là, entre deux plis de rien
Que je me perdais :
Rien ne vint
Jamais.

A quoi bon vouloir dire alors,
Tout ce que dicte l'ombre ?

A quoi bon, alors, tenter
Cette sombre prophétie ?

Je suis jeune encore,
Sans âge pourtant.

Cependant que la vieillesse maligne
S'insinue doucement dans mes vers.

[poème intitulé "Perdition"]
Copyright © [Eté 2010] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | aucun commentaire | aucun rétrolien

Jamais plus...

lundi 18 octobre 2010, par Némo


Heureux qui, comme Ulysse,
S'en revient de loin
En sachant où aller.

Mais que possède Ulysse ;

Quelles prétentions ?
Adieu pensées nauséabondes,

Mon ombre vous confond.

A la lumière, je préfère ma sombre complice,
Que le diable vous emporte !


[poème intitulé "Jamais plus"]
Copyright © [2010] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | aucun commentaire | aucun rétrolien

Requiem Solaire

lundi 11 octobre 2010, par Némo

Ce poème marque la reprise de l'acte d'écriture qui fonde la ma poésie, il s'intitule "requiem solaire".

Le cadavre nauséabond du soleil
Gît en un profond mausolée
Trouvé alors que je cherchais
Du sens la source discrète ;
Le Ponant du Levant.

Ah ! Comme j'ai ri à la vue du pantin
Qui gardait la chambre funèbre :
Tant de sang écarlate répandu
Sur mes cothurnes faites ombres !


[poème intitulé "Requiem Solaire"]
Copyright © [Printemps 2010] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | aucun commentaire | aucun rétrolien

Les despotes

mardi 21 septembre 2010, par Némo


Je suis seul, nous sommes cinq.
Nous sommes des milliers
Entre ici et nul part ;
Quelque part ou partout.

Et dans nos abimes de servitudes
Nous songeons, voyez : nous voyons,
A toutes ces chaines irréelles :
Sont-ce vos chaines si réelles ?

Il n'est pas de corps qui ne sentent
La présence obsédante, oppressante,
de votre tyrannie.

Vos pensées nauséabondes traversent la chair
puisque l'esprit est faible, si faible !
Pourtant partout réside cet espoir,
Comme une lumière brulante.

Car bientôt viendra le prophète
Celui qui vient et qui libère
Sera celui qui asservit.

Nous l'appellerons
Despote.


[poème intitulé "Les despotes"]
Copyright © [Printemps 2010] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | aucun commentaire | aucun rétrolien

Sans attaches

dimanche 27 septembre 2009, par Némo


Comme promis, voici un second poèmes, écris à la fin de cet été. C'est davantage un exercice de style ici : nulle ponctuation et un essai sur l'usage de la rime et du poème. A vrai dire je n'en suis pas totalement satisfait, mais baste ! Ce poème est intitulé "Sans attaches".

La rime fait et refait le poète, le lit deux fois
Alors que le poète n'écris jamais qu'une fois
D'abord sage et câline, la rime avoue le poète
Ensuite sauvage, elle le rit, elle l'interprète

Écoutez comme le poème, à vous, s'impose
Comme il est milles voix, milles symboles
Qui parfois s'en-viennent, parfois s'envolent
Mais la rime est libre et jamais ne se pose

Qu'est le poème, alors, s'il n'est rien vraiment
Est-ce un anathème ou une perle de sentiments
Comme un lourd abcès de pensées purulentes

La rime est libre et belle, parfois si crue et lourde
La rime n'attend pas, elle est une collision sourde
Car, rimes et poèmes nous défont et nous enfantes


[poème intitulé "Sans attaches"]
Copyright © [Aout-Septembre 2009] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | un commentaire

Cessons donc ...

vendredi 25 septembre 2009, par Némo


D'autres poèmes suivrons sous peu ; celui-ci est un peu dur peut-être, je l'ai écris cet été après la lecture du livre de Calderon dont mon premier paragraphe est un éponyme. Ce poème s'intitule : "cessons donc..."

La vie n'est qu'un songe
Et l'existence s'illusionne,
Quel est le prix de la vérité
Si ce n'est celui de la poudre ?

Les tempes battantes, un homme défait
ce qu'une foule ne peut faire.
Mais un homme c'est misère :
Un rien dans un Océan de tout.

Nous vivons, nous aimons, nous luttons,
Nous mourrons, nous détestons, nous renonçons.
Et pourtant les cimes gardent leurs superbes ;
Et pourtant les fruits restent doux à nos langues.

Sachez que l'aigle que l'on croit discerner
N'est, en vérité, qu'un commun charognard :
Vil et grandiloquent. La vie n'est pas juste,
C'est une cruelle ironie sans vainqueurs
Ni vaincus.

La vérité crue ne dissipera jamais l'illusion,
Cessons de juger.


[poème intitulé "Cessons donc"]
Copyright © [Juillet 2009] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | aucun commentaire

Terrasser l'hydre

mardi 16 juin 2009, par Némo

Voici encore un poème dont la lecture n'est certes pas facile, la forme est un choix personnel que dicte le fond et la curiosité qu'éveilla en moi la poésie d'Eluard qui se rit de la ponctuation et la boude sans complexe. Loin d'égaler le maitre, je ré-interprète librement la griffe pour mieux me la rapproprier, peut-être à tort; Qui sais vraiment?

 

1. Comme l'hydre est apparut

L'hydre ! Milles têtes ; un seul coeur.
L'hydre ! Mille ans de malheurs.

C'est l'ombre d'une parque
Qui m'attire dedans la barque
Légère mais lourde de Charon ;
Milles vies s'oublient ainsi à l'Acheron.

L'hydre est affreuse : milles têtes
me susurrent d'une voix rauque
Comme mon âme qui s'entête
Est l'inutile captive du même roc
Que tout ces hommes de rien
Dont je suis le même chemin.

 

2. Comme la voix écarte la foi

Ha ! Cruelles chimères, je vous entend,
Mon coeur qui fut naguère indifférent
Se grise désormais de vos insidieuses voix
Perdant peu à peu ce qui lui reste de foi
sans pouvoir réprimer l'indolent sentiment
Que porte l'ombre des sombres vents.

Ô muse, ne sent tu rien venir ?
Voit, mon regard jadis clair se ternir.

Où donc est passé l'enfant que je suis,
L'indicible styx des songes me l'a-t-il pris ?

L'hydre m'ensorcelle et m'écoeure :
Milles têtes. Milles têtes, mais un seul coeur.

 

3. Que la muse sourit seulement

Ma pensée est folie, mes songes m'oublient,
Pourtant prophète de mes terres d'ombres,
Je gouverne le bonheur de mon verbe sombre.
Muse, mon regard éteint voit comme tu souris.

Va t'en parque ! Rejoins donc tes soeurs,
A votre Sabbat oubliez moi bien vite,
Je tuerais l'hydre, piétinée sans peur,
Mettant un terme à la voix de vos rites.

La plume ne donne pas de la mort l'envie,
Car, plume de ma muse, c'est un hymne de vie.


[poème intitulé "Terrasser l'Hydre"]
Copyright © [Avril 2009] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Pastiche | aucun commentaire

Circée seule le sait...

lundi 15 juin 2009, par Némo


Regards échangés et troubles pensées
Ainsi la vie s'en va et s'en vient
Deça ; delà, pareil à la feuille morte.

Ce vent mauvais aura-t-il raison
de moi, de toi et de nous tous ?
Circée seule sait la vérité.

Mais je suis libre ! Libre d'exister,
Libre d'amour et libre de pensée.
Ne le somme nous pas tous ?

Qui sait ? Circée seule en vérité.
Et je porte alors le triste fardeau
De l'existence humaine.

Mon chemin pourtant est joie,
Il reste d'amour ; il reste d'amitié.
Ô spleen ! Ô circée, tu sais bien !

Quand donc l'ombre du vent mauvais
Viendra-t-elle brusquement à moi,
Emmenant peines ; joies et souvenirs ?

Circée seule le sait. Circée seule en rit.


[poème inti­tulé “Circée seule le sait”]
Copyright © [Mars 2009] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.


Catégorie: Dé-vers | aucun commentaire

- page 1 de 4