Aversenvers

Regarder passer le temps

dimanche 14 juin 2009

Evermore

Après la série "concours", voici quelques poèmes réalisés dernièrement que je n'ai pas eu le temps de publier. Je les égrainerais dans les jours à venir pour ne pas submerger le lecteur d'un trop plein d'information :).

En hommage à P. Verlaine dont le poème "Nevermore" a été le tout premier à m'inviter à concevoir la poésie comme un travail de l'âme comme de l'esprit...

 

Souvenirs, souvenirs, que me voulez vous ?
Vos paysages sont-il autre chose que des songes ?

Un lac quiet et immobile fascine mes sens,
Les grillons crissent au son d'une cloche lointaine.

Le ciel est lourd, pesant et apaisant à la fois
Ici l'ultimat pourrait nous emporter,
Peut m'en chaux !

Des amis accompagnent ma marche silencieuse ;
C'est un bout de bonheur que toute cette eau.

Et le soleil darde et darde encore
Loin des frondaisons du bosquet dépassé.

La vue se dégage alors dévoilant un vallon ;
L'après-midi s'avance et nous sommes fourbus.

Apparaît le village et re-sonne le vieux clocher,
En écho des troupeaux qui rentre des pâturages.

Tu n'y était pas, mais présente dans mes songes,
Mes souvenirs s'illumine de ton sourire silencieux.

Le reste, tout le reste, n'est que poésie.

 

[poème intitulé "Evermore" sixième de la série "Dédicaces"]
Copyright © [Mars 2009] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

Ne pouvons-nous partir ?


Voici le second des deux poèmes réalisés pour le concours 2008 du "cercle de poésie Calliope". Après courte enquète et au vu des liens que cette association entretien avec la "Nouvelle Acropole", je ne participerais plus à ce concours. le thème était "l'idéal".

 

Il existe ma mie une contrée lointaine
Où vivent, discrets, de bons et sages bergers.
Pour eux, l'existence est une farce vilaine
Que ne relèvent que les astres éloignés.

Tout là-bas, le temps a suspendu son vol ;
Alphonse et Elvire sillonnent, quiets, le lac ;
Là-bas, tu auras l'éclat des beaux jours
Et les Parques ne joueront plus au trictrac.

Écoute ma mie, ne voulons nous partir ?
J'y pourrais voir renaître ton sourire,
Et j'y pourrais embrasser ta bouche.

Non. Tu restes muette et triste sur ta couche,
Car t'attends — je le sais — la sombre faucheuse,
Qui t'emportera malgré toutes mes prières pieuses.


[poème intitulé "Ne pouvons nous partir"]
Copyright © [Automne 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

« Et In Arcadia Ego »

Voici un des deux poèmes réalisés pour le concours 2008 du "cercle de poésie Calliope". Après courte enquête et au vu des liens que cette association entretien avec la "Nouvelle Acropole", je ne participerais plus à ce concours. Le thème fut "l'idéal".



Que l'on me laisse partir maintenant, j'ai soif d'aventures,
J'irais jusqu'en Arcadie puisque Morphée me conduit.

Que l'on me laisse aller, vivre et rêver, alors je m'envolerais,
Je n'ai nul besoin de cordes ou d'échelles, ma lyre me gouverne.

Que l'on me laisse seulement prier, rire et chanter à tue-tête,
Mes esprits et mon âme sont libres, ils s'enfuiront dans les nues.

**

Je ne suis pas Phébus ni Amour, mais Nerval et ma lyre s'étoile.
Laissez-moi vous dis-je, Pégase me reconnaitra sans doute.

Arrière, que l'on me laisse aller, vous verrez Charron demain.
Le passeur nous mènera vers l'oubli sans fin de Mes abysses.

Là, Je serais la primauté causale ; Je serais Râ l'étincelant.
Là, Je serais maître ; là, Je suis la source de toutes choses !

Croyez-moi et écoutez la voix des courants millénaires,
Écoutez le récit de Mes batailles et celle de Ma victoire.

J'en appelle à Vénus la belle, à Astartée la battante et à Bhairavi la cruelle,
Écrasez de vos cothurnes, car Je vous l'ordonne, les peuples mécréants !

**

Que l'on me laisse seulement à mes délires, je vis en Arcadie !
Ici, le temps s'arrête et Bacchus dort en un nouveau pausilippe.

Que l'on me laisse dire que le dormeur du val est ressuscité ici
Et que Rimbaud se promène à mes côtés, sa belle ourse en idéal.

Que l'on me laisse dire enfin que ma vie n'est pas là-bas, mais ici.
Car ici, en Arcadie, Vénus, Nerval et Rimbaud m'accompagnent.

**

Que l'on me laisse seulement dire alors : « Et In Arcadia Ego ».


[poème intitulé “Et in Arcadia Ego”]
Copyright © [Automne 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

Par un beau matin d'été...

Aujourd'hui je renoue avec ce blog puisque j'en trouve le temps. Je me fendrais peut-être d'un billet de reflexion, en attendant je nettoie un peu la partie cachée (le deus ex machina) de ce blog qui avait besoin d'un bon décrassage.

Bref, je vous livre dans ce billet et les suivant les poèmes qui ont été présentés à quelques concours de printemps. Aucun n'a été retenu.

 

Qu'un mot me manque


Qu'un mot me manque et me voici
Dépouillé.

Perdu dans un méandre de réflexions
Vertigineuses, j'en viens à t'oublier.

*

Ainsi pensais-je un jour qui précéda de
longues et tortueuses traverses langagières.

Je n'était pas dans ce monde ni de ce monde,
J'en suis certain.

*

Ce fut ailleurs, dans les collines d'Arcadie,
Où Pan charme encore quelques donzelles.

Saviez que j'étais là-bas chez moi ;
Vous saviez vous étranger de cela ?

Ma pensée guide la pensée,
Mon esprit commande l'esprit.

Mon songe est souverain
Astartée mon arme ; mon bouclier.

Circée me couronne, quand
Mon monde moire votre monde
De l'ombre d'une réponse.

*

Si un mot me manque
Dans le silence de mon silence
Perçois la cruelle beauté de mes songes.


[poème intitulé "Qu'un mot me manque"]
Copyright © [1er Avril 2009] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

mercredi 22 avril 2009

La rue crie

Voici longtemps que je n'avais plus publié sur mon blog, cela en raison de la période trouble que nous vivons à l'université mais également en raison de la préparation des dossiers pour le master.

En tout état de cause, j'ai retrouvé quelques poèmes oubliés au fond de mes carnets, je vous les livrerais donc au cours des jours à venir.

En voici un qui date de février de cette année, le ton est un peu mordant et je savais pas si je devais le publier ici ou pas. Finalement j'ai décidé que l'atypisme était une qualité...


La rue crie

L'oeil blafard de la nuit contemple les barricades
Le sang ruisselle des caniveaux débordants de viscères
Et les biens pensants se terrent au fond des maisons.

La révoltes gronde messieurs ! N'entendez vous pas ?
Que l'on tranche, que l'on coupe et que l'on tue,
Pourvue que l'on ne comprenne pas.

Le monde marchait sur la tête et l'espoir d'un rouge étendard
Souriait au coeur des malheureux, des miséreux et des cul-terreux :
Enfin le monde leurs appartenait ; enfin le monde changeait.

Que de cadavres ! Que de simulacres de justice pour les pantins de la cause.
Combien de mort pour le roi, combien pour le peuple ?
Combien de con, enfin, vivant malgré tout et malgré nous ?

Maintenant la justice ne gronde plus, la colère est sotte et l'homme est bête,
La rue crie tandis que les fortunes volent, le fossé du diable grandit, sans cesse,
Et ne s'y engouffre que les pauvres tandis que rient les bien nantis.

Alors la rue crie, la rue hurle et s'esclaffe au nom de causes improbables,
conduites par des incapables, des abrutis, qui mènent la rue au gouffre.
La rue crie, oui, elle crie parce qu'elle veut vivre, mais la rue meurt aussi.

Et les morts ne mènent rien...



[poème intitulé "La rue crie"]
Copyright © [Février 2009] [Jean-Mark Guérin]
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mardi 10 février 2009

Mémoires et cultures 2008 (3)


Voici le dernier des trois poèmes proposés pour le concours poétique 2008 de l'association mémoires et cultures, c'est de loin mon préféré bien qu'il n'ai pas été retenu. Il est intitulé "Blason".

A celles dont les sourires nous transcendent.

Ô source des mots
Et source d'amour.
Ô fruit de nos envies
Et berceau des désirs.

Ô scène toujours nouvelle
Au rideau d'un rouge carmin,
De vinaigre ou bien de miel,
Toujours de la nacre l'écrin.

Ô fruits âprement défendus
Soudain offerts pourtant,
Ô diapason des sentiments
Éclairez ; attirez ; brillez !

Car la beauté et l'ivresse,
Le plaisir et l'amour,
Sont à vos pieds,
Sont à ce prix.


[[poème intitulé "Blason" cinquième de la série "Dédicaces"]
Copyright © [Aout-Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

Mémoires et cultures 2008 (2)


Voici le second des trois poèmes proposés à l'occasion du concours de poésie de l'association "mémoires et cultures", celui-ci n'a pas été retenu.

Partout
Sans cesse.

Oublie l'ombre,
Même la lumière.

L'aveugle voit ;
Le sourd entend.

Le muet sait
Mais il se tait.

Ils ont raison...


[poème intitulé "Le sens de la Vie"]
Copyright © [Aout-Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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Mémoires et cultures 2008

Voici dévoilé, comme promis, le poème publié dans le recueil du concours 2008 de l'association mémoires et cultures, ce poème est intitulé "Haïkus, nuit et narghilé".

Il me semble cependant moins bien finalisé qu'un autre des poèmes que j'ai écrit à cette occasion et que je publierais sans doute bientôt.


La nuit
trop calme
M'interroge.

*

Muet,
Je songe pourtant
dans la fumée.

*

Les plus belles lettres
S'envolent.
Si courtes !
*

La Lune
Me rappellera
ton sourire.

  
[poème intitulé "Haïku, nuit et narghilé"]
Copyright © [Aout-Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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samedi 6 décembre 2008

Ode du passé ou prophétie d'un futur vieillisant

Aux amitiés sincères

Qu'êtes-vous, ô mes amis, devenus ;
Où donc les vents vous emportent-ils ?
Est-ce en souvenir des jours de bohème vécues
Que votre image vogue dans mes esprits tranquilles ?

Avez vous oublié et déjà enterré mon image ;
Ou vous souvenez vous, mélancolique, de nous ?
Parfois j'ai cru vous revoir en un subtil mirage,
Mais l'espoir a su se faire vain tout à coup.

Vous n'êtes pas ici.

Mes amis, hélas, un jour vous ne serez plus
Et même la pierre d'un tombeau m'enfermera.
Entendez cependant ma voix qui tombe des nues :
Riant de notre jeunesse que jamais rien n'ennuya.

Mes amis, en disciple infatigable, je serais missionnaire
De votre souvenir, de vos paroles et de votre intelligence,
Car Je sais que vous m'étiez et m'êtes fidèles dans le silences,
Et vous m'auriez suivi, comme je vous suivrais en impaires.


[poème intitulé "prophétie d'un futur viellisant",quatrième de la série "Dédicaces"]
Copyright © [Novembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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L'alcool en déraison.

À tout ceux que mes esprits dérangés ont pu gêner...

Dans le flou de ma pensée,
Mon sang bouillonne et tempête ;
Rien ni personne ne m'arrête ;
Mon âme déjà s'est dispersée.

Du sang empoisonné s'élève l'écume
Tandis que ma muse se noie dans l'alcool.
Rien ni personne n'entrave ma parole,
Je fais de mes esprits l'éloge posthume.

Et tout mes mots blessent les âmes,
Droite et pure ; ah ! Je suis infâme...

Pardonne qui voudra et qui pourra,
Mes esprits retrouvés ne le feront pas.

Car la bête jalouse et mauvaise
Que garde les sirènes sourdes,
Prend trop souvent ses aises
Du tréfonds de la gourde.

Ah ! Que ne peut-on traverser l'Acheron,
Faire taire, d'un oubli, la honte sans nom.

[poème intitulé "L'alcool en déraison", troisième de la série "Dédicaces"]
Copyright © [6 Novembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

vendredi 14 novembre 2008

L'ombre de nos envies

Aux grenouilles un peu tendre

Dans l'ombre de l'ombre,
Dans un jour fait plus sombre,
Deux âmes soupirent et s'agitent ;
S'inventent leurs signes et leurs rites.

Silence ! La nuit appartient à l'ombre
De tout ces amants sans nombre,
Cohorte sans cesse grandissantes
Qui portent fanion d'une amour naissante.

Le souffle va et vient encore
C'est un râle, un cri, un renfort,
A l'âme de l'ombre amie
Qui se donne pour ennemi.

Les corps se mêlent ainsi aux âmes,
S'unissent, se lient et se pâment.
L'amour n'est qu'un désir de fange,
Le reste est la part des anges.


[poème intitulé "L'ombre de nos envies"]
Copyright © [6 Novembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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Concours les ADEX 2008


Voici le poème selectionné pour être édité dans le recueil souvenir 2008 des ADEX. Il fait partie des trente (ou vingt) poèmes retenus, mais n'est pas lauréat.

C'est également le cas pour le concours "Mémoire et Culture 2008" (je mettrais le poème en question en ligne lors de la parution : je ne sais pas lequel à été retenu). Le thème du concours des ADEX était "le regard".

Enfin, bref....
Voici la bête, inutile de vous dire (ce serais déplacé) que je n'en suis absolument pas satisfait ... :/


Regardez rire l'aveugle

Que verrait un aveugle
qui recouvre la vue ?

Verrait-il le Soleil
Ou la Lune de nuit ;

Verrait-il nos mystères
Et le ciel trop gris ?

Voit-il la beauté ;
Voit-il l'amour ?

Dedans sa nuit
Et dedans ses songes,
Que vit-il ?

Qu'importe .

Regardez rire l'aveugle,
Il voit au-delà des nuées.


[poème intitulé "Regardez rire l'aveugle"]
Copyright © [Aout-Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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mardi 7 octobre 2008

Se moquer du temps...


Parce que la peine capitale est un crime, un acte odieux de barbarie dont les complices sont les citoyens et les victimes les coupables. Aucune logique ? Non, ne cherchez pas, la mort possède la sienne propre qui ne répond qu'à une soif qui n'est pas animale, mais bien humaine.

Parce qu'il ne faut jamais oublier qu'une personne que l'on condamne c'est un échec que l'on assume, que c'est une paresse intellectuelle qui détruit ce qu'il reste de beau dans l'humain : l'espoir et l'humanisme...

En souvenir de ceux que la justice humaine, avec son habituelle arrogance, à préférée voir rayé de la liste des vivants : innocents ou coupables, qu'ils soient assurés que les vivants - eux - le sont assurément de leur mort.

Aux morts en sursis !

Il se moque du temps...

C’est un bois petit et étrange
Où l’on pouvait voir, m’a-t-on dit,
Les dryades ; les nymphes et les anges
Que connaissent les mythes d’ailleurs et d’ici.

Tout y était pur, doux et si clair !
Les feuillages fredonnaient une chanson
Qui disait la beauté des cimes et la douceur de l’air ;
Les vignes sauvages poussaient en frondaison.

Mais tout ceci est souvenir d’un passé révolu,
Les fées ont disparu quelque part dans les nues
Quand le temps fit passer les heures et les moissons.

Il existe un homme cependant qui s’y rit des saisons,
Heureux hôte du bois, il vit là, pauvre et nu,
Se moquant doucement au vent mauvais des pendus.


[poème intitulé "Il se moque du temps", Premier poème de la série "Dédicaces"]
Copyright © [7 Octobre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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mardi 30 septembre 2008

Ombre de mon ivresse


C'est dans le bois des souvenirs
Où de la rose pourris la cruauté,
Que ton spectre flou me fit venir,
Dans l'ombre de nos mots oubliés.

Si j'avais pu alors te comprendre,
crois-tu, belle au coeur de cendres
Que je t'aurais écouté et compris
Quand je ne comprend pas ton oubli ?

Je suis resté, pourtant, des heures debout
dans les limbes du bois des souvenirs
à ressasser notre passé ; mon avenir.

Ce n'est qu'au coucher d'un ciel saoul
Que je suis parti seul, sans tristesse.
Ais-je osé parler, ombre de mon ivresse ?


[poème intitulé "Ombre de mon ivresse"]
Copyright © [19 Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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L'automne à ma porte


I. Comment la haine appelle la colère.

C'est au crépuscule d'un jour,
C'est à l'aube des temps,
Que Moïse divisa les eaux.

Les flots, pourtant, ne sont rien :
Ma fureur, elle, commande
L'indicible.

*

Car l'ombre de la rose
Est cruelle, si cruelle !
L'âme écorchée du vent
Mugit la plainte que gémit.

La rose ? Son ombre plutôt,
L'âme creuse d'un fiel
Mauvais.

*

C'est à l'ombre de son arbre
Que je voudrais qu'elle se ploit
Mais mes vents se noient
Dans les feuillage.

Ô rose, pourquoi cette haine ?
Puisque j'oublie mon amour,
noie tes souvenirs.

*

Ô rose, il est trop tard !
Ma colère sans limite
Brisera l'arbre,
Dissipera l'ombre
Et gelera toute vie.

II. Comme le vent vis que la colère est impuissante.

Ô rose, t'en souviens-t'il?
Nous étions amis, ta couleur
Etait le pourpre et mon souffle
Etait doux.

Mais regarde autour de toi !
Voit-tu ces fleurs qui pleurent ?
Sais-tu que j'oublierais ma tendresse
Puisque tu me hais ?

*

Tes épine sont cruelle à présent,
La fleur n'en a pas,
Elle pleure ; tu ris.

Et l'arbre ris de concert.

Que peut ainsi mon souffle
Si tu perd ta couleur ;
Ta beauté et son attachement ?

III. Comme la colère s'évapore avec l'automne

Hais donc à ta guise, la colère
Du vent s'estompe
Et s'évapore au loin.

L'arbre, lui, demeure,
Déjà tu l'enserre
Et il se meure sans le savoir.

*

Que la cigüe vous emporte,
Mon amour pour toi est morte !


Le vent déjà m'emmène
Là ou tes épines ne sauraient
m'atteindre.

*

Que les fleurs pleurent donc,
Je me plaît à penser
Que l'automne vient d'arriver.


[poème intitulé "L'automne à ma porte"]
Copyright © [Septembre 2008, à minuit] [Jean-Mark Guérin]
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dimanche 21 septembre 2008

spleen d'un soir de pluie


Train pluvieux

 

Qu'y a-t-il de plus triste que

— Mon regard
Sur la glace embuée ?
— Vos regards
Dans le vague des gouttes ?
— Ton regard
Perdu dans celui d'un autre ?

En cet instant, je ne vis que pour
regarder défiler le paysage,
voir tomber la pluie
À travers la vitre.

Tout est si froid !

La nuit va tomber.
La pluie tombe.

Ainsi vient le port.
(Ce n'en est pas un, c'est toutefois le mien).


[Troisième poème de la série "Scènes quotidiennes",intitulé "Train pluvieux"]
Copyright © [Septembre 2008, un soir dans le Train] [Jean-Mark Guérin]
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lundi 15 septembre 2008

Sarabande du Souvenir


Poème dédié, vous le devinez, aux souvenirs et aux sourires en balançoires.


Lancinante sarabande des souvenirs
Dans les moindres brises de l'esprit.
Ils s'emportent ; se brisent ; s'envolent
Et s'accrochent sur les fils d'un sourire.

Là, ils se balancent et puis s'étiolent.

Mon âme se blesse ainsi au fil du rasoir
Qu'aiguisent mes esprits tortueux.
Ils sont piégés par l'ombre de ce regard
Où, coquette, la Lune a moiré.

Mes souvenirs réclament alors sans répit
La douce vision de cette muse d'un soir,
Une Anatolé au sourire en balançoire,
Qui hante encore le dédale de mes esprits.

De mes rêves éveillés, ne me reste ainsi
Que la tristesse, la joie et le pesant oubli
De l'espoir inutile du songe d'une nuit.


[poème intitulé "sarabande du souvenir", deuxième poème de la série "Sarabande"]
Copyright © [15 Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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samedi 30 août 2008

La beauté de l'Ombre


Voici un poème : les Guerres et la haine recommencent sans cesse et pourtant l'espoir reste intact. Étrange et cruel paradoxe.

Acte Premier. Je suis toute chose.

 

Le Ciel est bleu
Cependant que le vent se lève.
La fureur agite les arbres
Dont la cime se courbe.

Courbes, ainsi que l'âme obtuse
Du vent ;
De la tempête
Et du miasme nauséabond.

Ainsi se répandra la Plaie :
Le Ciel est bleu
Mais il vente.

**

Et tandis que le vent souffle,
Un prophète se détache du Ciel
Sur la cime des monts.

Alors le prophète
— Ou était-ce Satan ? — ,
Se mit à rire
et à hurler.

— Voyez comme le vent se lève !
Au loin déjà tonne la fureur ;
Éclate la haine ;
S'envole la bonté.

— Les dieux n'acceptent pas
Que les Hommes s'élèvent,
Vous voilà punis !

Et le prophète fut foudroyé,
Lumière cendrée
D'un calme d'entre tempêtes.

**

Soudain, la rage me gagna
Les nuages se voilèrent
Le Ciel devint rouge
Puis noir.

Partout sur Terre
Les Êtres apprirent la peur
De l'Homme-Je ; de l'Homme-dieux.

Voici mes paroles :

— Rien ne doit surpasser
La causalité primaire de mon esprit,
Prosternez-vous et acceptez !

Le peuple se prosterna et fut anéanti.

Les nuages devinrent blancs
Puis le Ciel devint bleu.

**

La rage quitta l'Homme-Je
Pour aller hanter l'Homme-Nous.

 

Acte Second. Guerre et chaos.

 

Les lacs d'alors vivaient
de mille échos,
Les rires et les cris répondaient
Aux oiseaux.

**

Soudain les lacs
Bouillonnèrent ; écumèrent ;
Explosèrent en geyser vaporeux.

Les arbres furent déracinés,
Les montagnes rasées
Et le chaos s'installa.

La rage nous gagna
Les nuages se voilèrent,
Le ciel devint rouge
Puis noir.

**

Un nouveau prophète
Sortis de terre.

— Écoutez votre coeur,
Écoutez votre rage,
Pillez ; tuez et violez
Sans trêves !

Il fut adoré,
Pendu et brulé.

La terre trembla devant l'écume
De nos guerriers,
Habités de la rage
Et de l'esprit du vent.

**

Ainsi,
L'Homme-Nous vainquit,
Posséda et détruisit
Tout ce qui vécut sur Terre.

**

Enfin, La haine s'enfuit
Avec les vents et le bruit.

L'Homme-Nous fut vaincu
Par sa propre victoire.

 

Acte Troisième. Perpétuel recommencement.

 

Mais déjà l'Homme-Lui ;
L'Homme-Vous et l'Homme-Moi
Guettent dans l'ombre,
Attendant que viennent
Les vents et les prophètes.

La haine et la rage hantent
Notre cœur, notre âme
Et nos esprits.

**

Le temps passa,
Le Ciel devint gris,
Puis blanc ;
Puis bleu.

Il sera noir demain.

 

Acte dernier. En souvenir de l'espoir.

 

Je vous exhorte :
Refusez sans cesse
La pâle beauté de votre Ombre.

 


[poème intitulé "La beauté de l'Ombre"]
Copyright © [30 Aout 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

lundi 25 août 2008

Discours sur la méthode ou rhétorique égotique d'une âme décousue

Tordez le cou à la rime, la poésie est un élan !

Tout l'art réside dans la faculté de l'assemblage à casser l'équilibre naturel des mots, leur faire prendre une orientation : c'est un sentiment !

L'audace est le premier instinct du rimailleur, la pleutrerie et le larmoiement excessif sont ceux du rimaillard.

Que l'on oublie les larmes si elles semblent trop simples, les mots disent la tristesse et la fuite, mais pas la mollesse que diable !

La facilité est la pire des ennemies et la rime est la muse des fainéants si l'on ne sait la dompter et la tordre à nos fantaisies.

La poésie est un art, c'est l'art de tous, en ce sens c'est également une science. Délicate comme toutes les sciences, elle requiert donc une dose de savoir, une part de talent et une portion de travail. Si l'on parvient à convenablement assembler ces composantes, l'on obtient les chants les plus beaux : ceux qui vont au l'âme (je ne dirais pas « au cœur » tant cela dénature le concept).

Certains dirons que Je n'ai pas le droit de dire cela. Vous me le refusez ? Hé bien, je le prends !

Trop longtemps, j'ai vu certains rimailleurs rimailler en n'usant que de leur talent, parfois réel et parfois fantasmé, accouchant alors de piètres rimes. Si la jeunesse peut excuser ce péché, vous devez néanmoins le fuir toujours !

La rime n'est pas poétique : c'est la poésie qui transcende la rime, l'une soutenant l'autre.

Que l'on me juge : la rime me fait peur et je l'évite, mon talent n'est pas suffisant.

Voyez, enfin, comme le mélange est l'arbre des plus beaux fruits, l'espèce humaine vous le montre, alternez donc à votre guise et votre envie. Inventez votre monde, l'art n'est là que pour vous, aussi je vous exhorte :

Tordez le cou à la rime, ne soyez pas sage, la poésie est un élan !

Soyez curieux ; osez ; lisez ; tentez !

L'art est à ce prix...

N.B. : À ceux qui trouvent que je suis trop sévère et trop prompt à juger ; trop moraliste et trop donneur de leçon, je leurs suggère de taper « poésie » dans google et d'admirer les chefs-d'œuvre poisseux de gentillesse qui en résulte. Associer trop souvent la poésie à l'amour banalise les deux et détruit la symbolique ; la profondeur et l'importance de l'une comme de l'autre. Il en va ainsi de tout sentiment à vrai dire, la poésie est également un formidable facteur de réflexion, crénom!

samedi 23 août 2008

Le vent souffle sur Rome


Prologue


Le vent du soir souffle sur Rome
Et emporte avec lui mes esprits.


Les vents du soir soufflent sur Rome
La jalousie, l'hésitation et l'amertume.


I -


Comme Néron, je brûlerais la fange !
Celle des esprits, du cœur et des yeux.


Fou. Comme Néron ou bien Nerval,
Mon luth s'endeuille de son silence !


Le poète se complait dans sa complainte,
mine mes esprits et moire ma langueur.


Le poète saurait, lui, qu'il faut choisir,
J'ai fait le choix, moi, de n'y rien faire.


II -


Dans le soir troublant la tempête sourde,
Elle a soif d'expression et entraine mon âme.


Le vent redouble d'effet à mon intention,
Comme d'un frère l'affectueuse attention.


Néron vous dis-je ! Je brûlerais Rome !
Je brûlerais Rome et toutes ses indécisions.


Rome se perd en effet dans la pire débauche,
La débauche de Ma confiance ; de Ma pensée.


III -


Mais pourquoi donc le Pausilippe chez Nerval ? Baste !
Pourquoi, plutôt, ces yeux me hantent-ils trop souvent ?


Arrières ! Ces yeux, je ne les connais que trop !
Différents, ce sont toujours les même pourtant.


Comme les répliques d'un lourd séisme,
Ils viennent frapper à la porte de l'âme.


<> Arrière vous dis-je ! N'entendez-vous point ?
Rome exulte ! Rome brûle ! Cependant, Rome demeure...

IV-


Le vent souffle sur le feu, il soufflera sur les braises.
Car l'avatar du faux amour, hélas, est un phénix.


Je suis Néron ; Je suis Nerval. Arrières, Arrières !
Je ne suis ni Amour, ni Phébus. M'entendez-vous ?


Je serais Charron le passeur du Styx et de l'oubli,
Pour ces yeux éternels et tout ce qui me hante.


Les yeux de l'avatar qui me hantent, mentent-ils ?
Baste, je ne peux rien craindre : Je suis Néron !


V-


Rome a brulé. Rome est cendre désormais.
L'avatar de l'amour-qui-n'est-pas-vrai surgit alors :


« Tu es Néron, mais tu n'es personne,
Rome a brulé, mais Rome n'est rien. »


« Le vent souffle sur les braises fébriles
Et relance les feux que tu feins d'allumer. »


« Tu es Nerval, mais tu n'es rien,
La folie dissimule la faiblesse du poète. »


« Vois. Je suis venu, j'ai vue et je t'aie vaincue.
Soumets-toi ici et maintenant ou crains mon courroux. »


Ainsi parla l'avatar du faux amour
Ainsi parla le phénix du faux amour...


Épilogue


Le vent souffle fort, le vent souffle vite encore,
Nous rappelant que sans souffle cesse la flamme .


**


J'ai été tours à tours Néron puis Nerval :
Mes esprits et mon cœur sont en flammes.


**


Me soumettrais-je un jour à l'avatar ?
Rome brûle. Rome n'est que cendre.
Le phénix renaitra toujours...


[poème intitulé "Le vent souffle sur Rome"]
Copyright © [Eté 2008] [Jean-Mark Guérin]
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