Aversenvers

Regarder passer le temps

dimanche 27 juillet 2008

Tropismes

Tropismes [1]

**

La Guerre.

T'en souviens-t-il comme, par le passé,
Ton grand-père tint le mien en joue?

**

La Nature.

Fleurs et champs nous appellent de leurs vœux
Cependant que l'Homme, furibond, les saccages.

**

L'Amour.

C'est la fête des cœurs-aimant qui battent
Que la communion des corps ennemis.

**

Le Rire.

Ris! emportes et transportes-nous irrésistiblement,
Ainsi viendra la joie et s'apaiseront les âmes.

**

Le Chemin.

Tu sais, nous suivons tous un chemin,
Mais le tropisme veut que je ne regarde que le tiens.

**

Le Soleil.

Quand Râ nous dardait de ses bienfaits,
L'Homme levait la tête et exprimait un sombre râle.

**

La Foule.

L'Homme est un mille et des mille.
Il l'ignore encore mais il se suit : faites silence!

**

L'Inconnu.

Si l'étranger franchit le pont d'un pas trop confiant
Le bois cède et l'abime dans les eaux sombres de la Peur.

**

Le "Moi".

"Je" me vois, "Je" me regarde, "Je" m'admire même parfois,
Mais "Je" ne me comprend pas : il n'est pas "Moi".

**

Le "Toi".

"Tu" existes et "Tu" m'existes puisque "Tu" (me) crées,
Es-Tu donc Dieu si l'Homme te suit ? Mais qui suis-Tu, toi ?

**

La Femme.

Tropisme des tropismes! Si la fleur cherche le Soleil,
L'homme, parfois, cherche l'éclat dans les yeux des femmes.

**

[série de poèmes intitulé "Tropismes"]
Copyright © [27 Juillet 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

[1] Tropisme n. m., "Réaction élémentaire à une cause extérieure; acte réflexe très simple." (définition du petit robert en ligne)

lundi 7 juillet 2008

du haut d'un train



Il suffit de prendre le moindre petit chemin en terre de France, quitte à endurer une marche variablement longue selon l'endurance des marcheurs, pour tomber à un moment, ou à l'autre, sur deux - quoiqu'il puisse arriver qu'il y en ai d'avantage mais rarement de façon impaires - longues et fines lignes d'acier.


Au premier abord la monotone linéarité des rails rend leurs étude, et toute réflexion à leurs sujet, barbante. Ils possèdent pourtant des vertus intrinsèques, des qualités subtiles qui font d'eux un objet de propos à la finalité intéressante mais à l'utilité réduite. Les voyageurs en effet les prennent comme point d'ancrage ou plutôt, car nous sommes ici pour trouver les termes justes, comme fil de conduite. Il me rappellent parfois ce fil que les nageurs en apnées usent pour retrouver de manière rapide et efficace la surface, cependant ce n'est pas le sujet.


Au dessus des gravillons rouges, puisqu'il nous faut revenir au sujet si nous voulons terminer nos propos, se perchent donc les rails. Se perchent? je devrait dire trônent car ils sont maitres incontestés de l'espace qu'ils occupent, ceci est vrai cependant que n'apparait pas un train, sinon ce dernier conquiert de façon passagère l'espace. C'est d'ailleurs de cette double situation de maitre et de subordonné (au train) que viens leurs humilité : un maintiens royal qui se conjugue à une discrétion servile. Sans compter que les rails découpent le paysages et gouvernent par la même les territoires qu'ils enclosent (mais nous ne nous épancheront pas sur cela).


Nos longue lignes droites sont entrecoupées par envers par de mi-longue lattes de bois, rappelant une échelle, mais pas celle qui servirait pour cueillir les pommes à un arbre, ce serait bien plutôt un outillage métaphysique qui permettrait de cueillir l'idée à l'arbre de l'esprit.
Et puis, c'est comme si quelqu'un avait voulu escalader la Terre, rien que cela nous dépasse! La grandeur et l'infinité de ce qui se déroule, au sens propre du terme, sous nos pied est impressionnante!


A bien y regarder des vis fixent l'acier au bois mais l'esprit semble vouloir oublier ce détail et ne s'attacher qu'à la notion d'éclat de l'endroit, de droiture de la ligne et d'horizon du concept. En cela les rails guident l'esprit du voyageur qui y trouve l'idée de l'échelle que nous avons pu développer ci-dessus et laisse la pensée cheminer et escalader l'horizon.


Pourtant s'il est une chose qui semble vouloir arrêter les rails c'est bien l'homme, ce qui est un étrange paradoxe au regard du fait que l'esprit tente d'effacer le lien logique qui existe entre la présence des rails et celle des hommes (rappelez-vous : l'esprit veut oublier les "vis"). Ainsi l'homme arrête les rails en gare et donc la réflexion du voyageur qui ne serait pas occuper à manger quelque sandwich mollasson ou regarder en artiste sa troublante voisine.


Et il faut donc parfois terminer le voyage. Fatalement vient le terminus : l'esprit s'accroche au rails qui partent en tournant et disparaissent à l'horizon, il faut donc accepter de perdre sa réflexion de vue en gare. Cela explique l'abasourdissement de l'arrivée après un long voyage : l'esprit s'attend.


Voyez vous-même : les rails ont cela de magique qu'ils guident sans mener.

[poème en prose intitulé "Du haut d'un train"]
Copyright © [Juin 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

mercredi 25 juin 2008

A la passante inconnue [1]


Hommage à Brassens...

A la passante inconnue [1]

Comme une éclipse ;
Comme un éclat de lumière
Et comme le songe d'un instant.

Comme la joie la plus pure ;
Comme la plus sombre douleur
Et comme tout les instants d'éternité.

Comme le vent dans les arbres ;
Comme la blondeur des blés
Et comme la cime des montagnes.

Comme l'énigme des sphinx ;
Comme l'oubli du Styx
Et comme un moment inassouvie.

Comme le sourire de la muse
Et toutes ces choses qui nous dépassent.

C'est ainsi que se vit et s'oublie
La passante inconnue.


[poème intitulé "A la passante inconnue [1]", hommage dans la série "dédicace"]
Copyright © [25 Juin 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

lundi 16 juin 2008

l'Homme-bête...


Ô sang et lave !
Ô bouillonnements contraires ;
Ombres d'un ressentiment
Et souvenirs amères !

Ô sang de lave !
Ô envie de frapper ; de cogner
Et de mordre même,
Illusions d'un esprit tourmenté !

Ô sang et lave.
Ô volcan qui sommeil
Au cœur de la bête :
L'homme sans sommeil.

Ô sang de lave !
Ô sombres désirs inassouvis
D'un  faux prophète,
Un  homme-volcan, mort en sursis.

Ô sang de lave...
Bouillonnement de pensés,
L'homme-bête se hais.
Ô sombres muet, Ô dents serrées !

Ô colères ennemies,
L'homme-bête se hais...


[poème intitulé "L'Homme-bête"]
Copyright © [16 Juin 2008] [Jean-Mark Guérin]
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jeudi 8 mai 2008

Ivre d’accalmie



Ô Papillon, ombre –encor !-
De l’amour d’un amour
Déchue,
Es-tu l’amant de
L’Ombre ?

Amante, veux-je dire,
Puisque tu es
Papillonne !

Amante donc de l’ombre,
Celle, tu sais,
De l’esprit.

Celle, tu sais,
Qui m’hante.

Ô Papillon-chenille,
Ô Papillon-chrysalide,
Emporte -emporte vite !-
L’ombre de l’amour
De mes amours
Déchues.

Porte pour moi ces
Souvenirs.

Souvient-en, car je l’ordonne,
Jusqu’en Arcadie.

Porte en toi, je l'ordonne,
Mes amours-tourments ;
Mes amours-frivoles ;
Mes amours-fantoches ;
Mes amours-âgés ;
Mes amours-mioches et
Mes amours-oublie.

Porte, porte-vite,
Ces fragments d’une
Vie ; eux qui sont ma vie.

Papillon-chenille puis
Papillon chrysalide,
Tu deviendras Papillon-amours
Non pas Cupidon, mais l'ombre
D’une ombre .

Ombre, disais-je, de l’amour de
mes amours
Déchues.

Et, ma mort pour éclipse,
Tu vole et volera,
Libre de moi et libre du tombeau.

Tu emporteras l’ombre
De l’Ombre,
celle de l’amour des
Amours déchues.

En soleil couchant d'Arcadie,
Moi, ivre d'accalmie...



[poème intitulé "Ivre d'accalmie"]
Copyright © [8 Mai 2008] [Jean-Mark Guérin]
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jeudi 1 mai 2008

Sarabande abyssale


Desnos m'inspire en ce moment comme d'autre poètes ont pu m'inspirer auparavant, voici un essai d'écriture que je libère à la façon de Desnos : ma plume, folle, s'envole ou s'enfonce dans le mystère. Toujours mes esprits s'affolent.

Sarabande abyssale

Ô essence de mon esprit,
Ombre de l’esprit d’un
Coquillage centenaire,
Sache trouver
Ta route.

Celle qui sinue
Parmi les décombres,
Fumants et Sinistres ;
Exaltants.
Vestiges que tu écrases, délicate,
De tes cothurnes d’acier.

Et entends ! (dirait le Prophète, etc.)
Attends la parole d’un prophétique archange
Ou la voix de Desnos
- Qui sait ?- .

Attend, disais-je, que viennent
Les Vérités
Ou la Vérité,
Blanche ; belle ; émouvante
Et pleine de vie.

(Est-elle nue ou se pare-t-elle
Des algues abyssales ?)

Tu entends ? N’attends plus alors !
N’attend pas, veux-je dire, qu’elle t’embrasse :
Cependant que tu trembles, elle est libre et
T’enchaîne
Pourtant.

Ô essence de mon esprit,
Es-tu ombre de l’esprit d’un
Coquillage millénaire ?

Ô sens qui êtes éprît,
Êtes-vous ombre d’une prise de pêcheur,
Des calmars abyssaux et des huitres perlières ?

Oui ! Oui, pris, vous l’êtes cent fois,
Mille fois, même, ou que sais-je.
Et de ces abysses et de ces perles
(Sont-ce vos abysse ; sont-ce vos perles ?),
Voyez comme je tire à moi l’esprit
Des cothurnes
Qui foulèrent l’insondable des sols abyssaux.


[poème intitulé "Sarabande Abyssale"]
Copyright © [1er Mai 2008] [Jean-Mark Guérin]
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mercredi 23 avril 2008

Revenir de Guerre

Voici des paroles de chansons que je n'ai pas mises en chanson.

Quelle lubie, me direz-vous?!  Hé bien peut-être, mais ce choix délibéré vient de deux constats : d'abord je chante mal (et oui!), mais surtout faire cela de la sorte me permet de mettre en avant la richesse de la licence Artlibre.

Aussi j'invite toute personne motivée à réutiliser ces paroles, à les reprendre ou à s'en inspirer en prenant en compte la licence artlibre qui l'accompagne et dont la signification se trouve ici.

Revenir de Guerre


Si tôt revenue de Guerre ; sitôt revenue de Guerre ;

J’allais par La Bruyère,
J’errais dans ma bruyère.

Si tôt revenue de Guerre ; sitôt revenue de Guerre ;

Sur les longs chemins de terre,
Sur ces longs chemins d’hier.

Si tôt revenue de Guerre ; sitôt revenue de Guerre ;

Celle de nos rêves naguère,
Celle qu’inscrit la pierre.

Si tôt revenue de Guerre ; sitôt revenue de Guerre ;

Où tant de braves ont souffert,
Où tant de cons ont souffert.

Si tôt revenue de Guerre ; sitôt revenue de Guerre ;

J’allais par la bruyère,
j’errais dans ma bruyère.

Si tôt revenue de Guerre ; sitôt revenue de Guerre ;

J’ai vu mon tomber mon frère,
Je l’ai vu gueule par terre.

Si tôt revenue de Guerre ; sitôt revenue de Guerre ;

Dans ce lourd jardin de pierre,
Dans le jardin de mon père.

Si tôt revenue de Guerre ; sitôt revenue de Guerre ;

Je vais dans ma bruyère,
Je m’arrête sur vos pierres.

Si tôt revenue de Guerre ; sitôt revenue de Guerre ;

Cette garce qui glaça mes hiers,
Cette gorgone avide de vos chairs.

Si tôt revenue de Guerre ;
Je vais dans le cimetière,
Las, la tête à l’envers.

Sitôt revenue de Guerre ;
Je songe encore à naguère,
En vain, dans la bruyère.

Si tôt revenue de Guerre ; sitôt revenue de Guerre …

[parole pour balade, intitulé "Revenir de Guerre"]
Copyright © [23 Avril 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

dimanche 20 avril 2008

L'ombre d'un instant...


Au bal des ombres déchues


Hommage à R. Desnos


Au bal des ombres déchues dansent les souvenirs,
Ces souffles fragiles de nos rêves d'outre-songes
Qui viennent, denses, se heurter aux parois du désirs.
Ha! Sourires familiers ; fermoirs des feux qui me rongent...

Être une ombre donc parmi les ombres,
 Fantômes déchus à l'âme d'un blanc trop sombre.
Et les ectoplasmes, mêmes, se confondent
A l'Arctique des délires de ce monde.

Et nos chairs faites Ombres dans cet élan,
D'envie et de joie plus que d'amour intense,
Trouve dans l'autre cet éternel instant
Que la réalité nous refusera d'avance.

Ainsi que Midas fit de l'or sans trêve,
Voyez comme je fais des songes sans grève :
Il n'est rien pour m'arrimer ; rien pour aimer,
La réalité, soudain - soudain ! -, s'en est allée.


[poème intitulé "Au bal des ombres déchues"]
Copyright © [20 Avril 2008] [Jean-Mark Guérin]
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mercredi 9 avril 2008

La Lune et le Papillon


A la Lune

La blême Lune
Me guette
Par la fenêtre.

Mais mes vers sont libre!
Elle ne peut qu’attendre,
Le soleil viendra bien assez tôt.

Et inlassablement, ma plume crisse
A la dictée de mes folies
Cependant que la lune écoute.

Alors je rêve ;
La lune peut guetter,
Je m’en fiche !

Elle est bien trop ronde
Cette brillante espionne :
Je lui préfère sa nuit et sa minceur.

Alors je rêve
Et je m’en fiche !


[poème intitulé "A la Lune"]
Copyright © [09 Avril 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.
 
 

le souffle papillon [1]

L’idée du souffle
Eveille le Papillon.

Douce folie:
Ses ailes sont pourpres.

Et il ira –si l’on y songe-
Se poser (mutin) sur les pétales
D’une fleur, douce et timide.
Qui rougira ?

L’idée soit. Mais le souffle, lui ?
Ce souffle qui ranime la braise
Ne fait pas toujours du cocon
Un papillon. Pourpre ?


[poème intitulé "Le souffle papillon [1]"]
Copyright © [09 Avril 2008] [Jean-Mark Guérin]
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dimanche 23 mars 2008

semaine de la langue française


Demain se termine la semaine de la langue française qui, pendant quelques jours, aura vu se dérouler nombres de cérémonies en l'honneur de la langue de Molière. Dans ce cadre 10 mots ont été mis en avant, il s'agit de :
  • Apprivoiser
  • Boussole
  • Jubilatoire
  • Palabre
  • Passerelle
  • Rhizome
  • S’attabler
  • Tact
  • Toi
  • Visage
Et comme le Français est avant tout un appel fort au jeu, la tentation fut forte de tordre ces mots et de les ordonner, de les corseter dans une forme profondément classique: le Quatrain. Voici donc le résultat du jeu auquel nous nous prêtâmes mon frère et moi:

Mon ordinaire folie

À la boussole obscure de mes folies,
je n’entrevoie que toi, ton sibyllin visage,
Qui su apprivoiser mon cœur et mon esprit
En une transe jubilatoire d’un autre âge.

Ah ! Je te vois, je t’imagine, m’approchant ;
Traversant le Styx sans barque ni passerelle,
Marchant dessus l’eau comme Vénus la Belle,
Comme Astarté même, l’amante des battants.

Car dans mes délires je me vois en soldat,
Me battant contre mes chimères, Charybde, Scylla
Et le rhizome de toutes mes folies aussi.

La sourde palabre de mon égo se tarie,
Quand tu viens, doucement, avec tact et douceur.
L’on va s’attabler, je prend mes antidouleurs.



Te poursuivre une vie

Naître dans un monde sans lumière ni espoir ;
Apprivoiser la peur, anticiper ses craintes ;
Tenir le cap avec la boussole noire,
Jubilatoire horreur d'une terrible étreinte.

Redouter la longue palabre de la mort qui,
Telle une passerelle, enjambe le vide de mes nuits.
Les rhizomes de mes pensées étranglent l'esprit
qui veut s'attabler avec mon fantôme qui rit.

Trouver la chaleur dans un Soleil qui se perd ;
Dénicher une once de douceur dans un désert ;
Remiser son humanité et l’affronter.

cruel est le tact des cauchemars délétères,
Sans toi pour m'aider dans ma quête à déterrer
Les contours pâles de ton visage d'éther.


[poèmes intitulés "Mon ordinaire folie" & "Te poursuivre une vie"]
Copyright © [29 Mars 2009] [Yannick Guérin & Jean-Mark Guérin]
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mardi 29 janvier 2008

L'hiver s'attend


Le givre recouvre
L'herbe d'un manteau d'hermine,
Ô ce doux matin!

---

Alors que j'avance
L'oiseau effrayé recule,
Je le salue.

---

En levant le nez
Tu vois le ciel bleu, le soleil,
Et tous ces passants.

---

Promène ta pensée
L'oiseau l'emportera au loin,
L'étoile en boussole.


[Série de poèmes intitulée "L'hiver s'attend", librement inspiré de la technique des Haïkus ]
Copyright © [29 Janvier 2008] [Jean-Mark Guérin]
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vendredi 25 janvier 2008

Le Papillon est noir...


Tombe dans l'oubli des tombes de l'Oubli.

Sent qui souffle à ta nuque le souffle d'air d'un battement d'ailes de papillon.

Le papillon est noir.
Noir comme la nuit d'un cruel oubli.

Le papillon est diaphane aussi.
Comme Ta voix qui s'estompe dans les limbes de mon oublie.

Le souffle est léger, toujours. Mais ma colère est noire.Si noire!
Le souffle pourtant m'emporte : il me tente d'un oubli que je traque.

Ces battements ne font pas de bruit, comme un silence qui traine et qu'on oubli.
Ces battements m’emportent vers la capitale de mes rêves d'utopie où la folie s’envole.
Elle s’envole ! (Comme le papillon pour se poser sur La rose.)

Et le papillon bat des ailes.

Il bat! Il bat...

(Mes yeux s'oublient dans ses mouvement.)

Noir, l'ai-je dit?
Diaphane aussi!

La chenille pourtant était blanche, en ces temps ou je fuyais l'Oubli.
Et je n’oublie pas qu’elle était blanche aussi lorsque je te vis.
Blanche encore quand tes lèvres dévoilent Ton sourire.

Mais la Chrysalide bien vite donne le tempo et le temps fuis !
Ton image non…

La pensée qui me reste est cette image d'oubli entre les tombes de l'Oubli.

Le papillon noir souffle pourtant!
Il souffle!

Noir et diaphane,
Son battement est régulier.


[poème intitulé "Papillon est noir"]
Copyright © [25 Janvier 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

mardi 22 janvier 2008

Cyrano chantait....


Voici une série de trois calligrammes intitulés "la lune et ma rose", le premier est presque composé de vers rhopaliques, mais c'eût gâché l'effet d'ensemble (c'était juste histoire de faire mon intéressant et de sortir un mot compliqué qui vous fera chercher, fébrile, dans le dictionnaire).
Pour voir de façon plus confortable les calligrammes n'hésitez pas à cliquer sur l'image (je n'ai pas pu les mettre en texte, mise en forme oblige. N'oublions pas que le calligramme oscille entre art littéraire et art pictural ;°).

Calligramme_la-lune-et-ma-rose

[Série de trois calligrammes intitulé "La lune et ma rose"]
Copyright © [23 Janvier 2008] [Jean-Mark Guérin]
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dimanche 20 janvier 2008

Cueille les fleurs du temps...


Voici, comme promis, la version manuscrite du calligramme ainsi que le dessin que j'ai réalisé à la base comme guide.
(cliquez dessus pour avoir le dessin en taille originale)

Calligramme_sablier_manuscrit


calligramme_sablier_dessin


[Calligramme intitulé "Le sablier"]
Copyright © [Décembre 2007] [Jean-Mark Guérin]
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mercredi 16 janvier 2008

« Carpe diem quam minimum credula postero »

(Horace, Ode, L 11, 8)

Voici un extrait du recueil que je suis en train de composer en vu de participer au Prix Poésie de la vocation de la fondation Marcel-Bleustein-Blanche, il s'agit d'un calligramme appelé, avec simplicité, "Le Sablier"...
Je m'excuse pour la médiocre qualité de l'image, je ne peut faire mieux pour l'instant, je partagerais avec vous une version manuscrite dans les jours prochains...


calligramme_sablier_numérique





[Calligramme intitulé "Le sablier"]
Copyright © [Décembre 2007] [Jean-Mark Guérin]
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lundi 14 janvier 2008

Sur les toits

La maison cache
Ses yeux
Quand la pluie tombe,
Drue, drue,...

Mais moi j'ouvre
Ces yeux
Et j'écoute les gouttelettes,
Fines, fines,...

C'est quand je ressens
Ce vide
Que je contemple les toits,
Nues, nues,...

Soudain, dans la nuit
La paix
Envahit doucement mon être,
Spleen, spleen,...

[Second poème de la série "Scènes quotidiennes", intitulé "Sur les toits"]
Copyright © [14 Janvier 2008] [Jean-Mark Guérin]
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A l'autre bout du Monde, les roses sourient aussi ? - Premiers Haïkus


J'ai découvert, il y a peu de temps, un style nouveau de poème : le haïku. Quand je dis nouveau, pour moi s'entend bien évidemment. Ces poèmes au premier abord rigide révèlent, à l'usage, une forme d'expression réduite à l'extrême qui permet de montrer comme tout moment précieux l'est en premier lieu pour sa simplicité.

Cette forme, très codifiée, de poésie qui semble nous venir du japon, merci Wikipédia, s'écrit comme suit : 17 mores en 3 vers (v1 : 5 mores ; v2 : 7 mores et v3 :5 mores). Mais au vu des particularités de la langue française nous userons plutôt de syllabes que de mores (un tercet de 5, 7 et 5 pieds donc), mais le haïku doit également respecter la règle du « kigo » (ou « mot de saison » apparemment) que j'interprèterais librement.

Loin de moi l'idée de chercher dans ce nouveau style une quelconque philosophie, il ne s'agira pas de prendre les haïkus pour ce qu'ils ne sont pas mais pour ce qu'ils sont : la traduction d'un moment figé dans la mémoire. Il n'y a pas de double sens pas de sens caché, juste le sentiment d'avoir été le témoin privilégié d'un moment particulier dont j'essaie de traduire toutes les harmoniques.

A l'autre bout du Monde, les roses sourient aussi ?

Son rire tenait,
Malgré le froid vent du soir,
Mon cœur au chaud.

----

Qu'importe l'hiver,
Ses yeux malicieux
Sourient à mon âme.

----

Ma rose joyeuse
Rend même le Soleil jaloux:
Le soir s'en vient.

----

La joie me revient
Avec tout ces beaux jours
Et son sourire.


[Haïku intitulé : "A l'autre bout du Monde, les rose sourient aussi? "]
Copyright © [14 janvier 2008] [Jean-Mark Guérin]
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vendredi 11 janvier 2008

Pensée en Avalanche

    Comme en pensée
    D'avalanche :
    La tristesse
    Et la colère.

    L'impuissance
    Surtout,
    A ne plus comprendre.

    Pourquoi ma Rose
    Est piquante
    Est distante.

    Destructrice.
    Comme mes pensées
    En Avalanche.

[poème intitulé "Pensées en avalanche"]
Copyright © [11 Janvier 2008] [Jean-Mark Guérin]
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jeudi 10 janvier 2008

Poème d'un tendre Rien

D'abord,
Ses lèvres dévoilent
Un sourire ;
Rideau qui se lève
 Sur une scène de nacre.

Dans son regard,
Un Iris en fleurs.

Alors,
Le Cœur battant
S'envole des lèvres
Pour aller,
Distrait papillon,
Butiner à la source des mots.

[Premier poème de la série "Scènes quotidiennes", intitulé "Poème d'un tendre rien"]
Copyright © [10 Janvier 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

lundi 29 octobre 2007

La voix qui git


Marchant sur une route trop longue
Je vis choir le voile de la vérité.
Cruelle désillusion que ces tombes
que les hommes déjà ont oubliées.

Dure vision que la mémoire des sages
Sacrifiée; jetée aux orties; piétinée.
Les noires nuées en sinistres présages
Nous ramènent alors aux temps premiers.

C'est en allant sur ce chemin de ma vie
Que je compris soudain le sens des temps.
Ceux-ci nous ramènent en arrière si tant
Que l'on ne comprend pas la voix qui git.

Cette voix nous crie de vivre la vie,
Et trouver en chaque instant l'éternité.
Elle nous dit qu'il suffit de chercher,
Car la vérité c'est l'enfant qui rie.

Si on écoute un peu; si l'on oublie
La vengeance et la haine et l'orage,
Un vent nouveau venue du fond des âges
Viendra souffler joie, rires et vie.


[poème intitulé "La voix qui git"]
Copyright © [21 Octobre 2007] [Jean-Mark Guérin]
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