jeudi 8 mai 2008

Ivre d’accalmie



Ô Papillon, ombre –encor !-
De l’amour d’un amour
Déchue,
Es-tu l’amant de
L’Ombre ?

Amante, veux-je dire,
Puisque tu es
Papillonne !

Amante donc de l’ombre,
Celle, tu sais,
De l’esprit.

Celle, tu sais,
Qui m’hante.

Ô Papillon-chenille,
Ô Papillon-chrysalide,
Emporte -emporte vite !-
L’ombre de l’amour
De mes amours
Déchues.

Porte pour moi ces
Souvenirs.

Souvient-en, car je l’ordonne,
Jusqu’en Arcadie.

Porte en toi, je l'ordonne,
Mes amours-tourments ;
Mes amours-frivoles ;
Mes amours-fantoches ;
Mes amours-âgés ;
Mes amours-mioches et
Mes amours-oublie.

Porte, porte-vite,
Ces fragments d’une
Vie ; eux qui sont ma vie.

Papillon-chenille puis
Papillon chrysalide,
Tu deviendras Papillon-amours
Non pas Cupidon, mais l'ombre
D’une ombre .

Ombre, disais-je, de l’amour de
mes amours
Déchues.

Et, ma mort pour éclipse,
Tu vole et volera,
Libre de moi et libre du tombeau.

Tu emporteras l’ombre
De l’Ombre,
celle de l’amour des
Amours déchues.

En soleil couchant d'Arcadie,
Moi, ivre d'accalmie...



[poème intitulé "Ivre d'accalmie"]
Copyright © [8 Mai 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

jeudi 1 mai 2008

Sarabande abyssale


Desnos m'inspire en ce moment comme d'autre poètes ont pu m'inspirer auparavant, voici un essai d'écriture que je libère à la façon de Desnos : ma plume, folle, s'envole ou s'enfonce dans le mystère. Toujours mes esprits s'affolent.

Sarabande abyssale

Ô essence de mon esprit,
Ombre de l’esprit d’un
Coquillage centenaire,
Sache trouver
Ta route.

Celle qui sinue
Parmi les décombres,
Fumants et Sinistres ;
Exaltants.
Vestiges que tu écrases, délicate,
De tes cothurnes d’acier.

Et entends ! (dirait le Prophète, etc.)
Attends la parole d’un prophétique archange
Ou la voix de Desnos
- Qui sait ?- .

Attend, disais-je, que viennent
Les Vérités
Ou la Vérité,
Blanche ; belle ; émouvante
Et pleine de vie.

(Est-elle nue ou se pare-t-elle
Des algues abyssales ?)

Tu entends ? N’attends plus alors !
N’attend pas, veux-je dire, qu’elle t’embrasse :
Cependant que tu trembles, elle est libre et
T’enchaîne
Pourtant.

Ô essence de mon esprit,
Es-tu ombre de l’esprit d’un
Coquillage millénaire ?

Ô sens qui êtes éprît,
Êtes-vous ombre d’une prise de pêcheur,
Des calmars abyssaux et des huitres perlières ?

Oui ! Oui, pris, vous l’êtes cent fois,
Mille fois, même, ou que sais-je.
Et de ces abysses et de ces perles
(Sont-ce vos abysse ; sont-ce vos perles ?),
Voyez comme je tire à moi l’esprit
Des cothurnes
Qui foulèrent l’insondable des sols abyssaux.


[poème intitulé "Sarabande Abyssale"]
Copyright © [1er Mai 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.