mardi 30 septembre 2008

Ombre de mon ivresse


C'est dans le bois des souvenirs
Où de la rose pourris la cruauté,
Que ton spectre flou me fit venir,
Dans l'ombre de nos mots oubliés.

Si j'avais pu alors te comprendre,
crois-tu, belle au coeur de cendres
Que je t'aurais écouté et compris
Quand je ne comprend pas ton oubli ?

Je suis resté, pourtant, des heures debout
dans les limbes du bois des souvenirs
à ressasser notre passé ; mon avenir.

Ce n'est qu'au coucher d'un ciel saoul
Que je suis parti seul, sans tristesse.
Ais-je osé parler, ombre de mon ivresse ?


[poème intitulé "Ombre de mon ivresse"]
Copyright © [19 Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

L'automne à ma porte


I. Comment la haine appelle la colère.

C'est au crépuscule d'un jour,
C'est à l'aube des temps,
Que Moïse divisa les eaux.

Les flots, pourtant, ne sont rien :
Ma fureur, elle, commande
L'indicible.

*

Car l'ombre de la rose
Est cruelle, si cruelle !
L'âme écorchée du vent
Mugit la plainte que gémit.

La rose ? Son ombre plutôt,
L'âme creuse d'un fiel
Mauvais.

*

C'est à l'ombre de son arbre
Que je voudrais qu'elle se ploit
Mais mes vents se noient
Dans les feuillage.

Ô rose, pourquoi cette haine ?
Puisque j'oublie mon amour,
noie tes souvenirs.

*

Ô rose, il est trop tard !
Ma colère sans limite
Brisera l'arbre,
Dissipera l'ombre
Et gelera toute vie.

II. Comme le vent vis que la colère est impuissante.

Ô rose, t'en souviens-t'il?
Nous étions amis, ta couleur
Etait le pourpre et mon souffle
Etait doux.

Mais regarde autour de toi !
Voit-tu ces fleurs qui pleurent ?
Sais-tu que j'oublierais ma tendresse
Puisque tu me hais ?

*

Tes épine sont cruelle à présent,
La fleur n'en a pas,
Elle pleure ; tu ris.

Et l'arbre ris de concert.

Que peut ainsi mon souffle
Si tu perd ta couleur ;
Ta beauté et son attachement ?

III. Comme la colère s'évapore avec l'automne

Hais donc à ta guise, la colère
Du vent s'estompe
Et s'évapore au loin.

L'arbre, lui, demeure,
Déjà tu l'enserre
Et il se meure sans le savoir.

*

Que la cigüe vous emporte,
Mon amour pour toi est morte !


Le vent déjà m'emmène
Là ou tes épines ne sauraient
m'atteindre.

*

Que les fleurs pleurent donc,
Je me plaît à penser
Que l'automne vient d'arriver.


[poème intitulé "L'automne à ma porte"]
Copyright © [Septembre 2008, à minuit] [Jean-Mark Guérin]
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dimanche 21 septembre 2008

spleen d'un soir de pluie


Train pluvieux

 

Qu'y a-t-il de plus triste que

— Mon regard
Sur la glace embuée ?
— Vos regards
Dans le vague des gouttes ?
— Ton regard
Perdu dans celui d'un autre ?

En cet instant, je ne vis que pour
regarder défiler le paysage,
voir tomber la pluie
À travers la vitre.

Tout est si froid !

La nuit va tomber.
La pluie tombe.

Ainsi vient le port.
(Ce n'en est pas un, c'est toutefois le mien).


[Troisième poème de la série "Scènes quotidiennes",intitulé "Train pluvieux"]
Copyright © [Septembre 2008, un soir dans le Train] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

lundi 15 septembre 2008

Sarabande du Souvenir


Poème dédié, vous le devinez, aux souvenirs et aux sourires en balançoires.


Lancinante sarabande des souvenirs
Dans les moindres brises de l'esprit.
Ils s'emportent ; se brisent ; s'envolent
Et s'accrochent sur les fils d'un sourire.

Là, ils se balancent et puis s'étiolent.

Mon âme se blesse ainsi au fil du rasoir
Qu'aiguisent mes esprits tortueux.
Ils sont piégés par l'ombre de ce regard
Où, coquette, la Lune a moiré.

Mes souvenirs réclament alors sans répit
La douce vision de cette muse d'un soir,
Une Anatolé au sourire en balançoire,
Qui hante encore le dédale de mes esprits.

De mes rêves éveillés, ne me reste ainsi
Que la tristesse, la joie et le pesant oubli
De l'espoir inutile du songe d'une nuit.


[poème intitulé "sarabande du souvenir", deuxième poème de la série "Sarabande"]
Copyright © [15 Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.