mardi 7 octobre 2008

Se moquer du temps...


Parce que la peine capitale est un crime, un acte odieux de barbarie dont les complices sont les citoyens et les victimes les coupables. Aucune logique ? Non, ne cherchez pas, la mort possède la sienne propre qui ne répond qu'à une soif qui n'est pas animale, mais bien humaine.

Parce qu'il ne faut jamais oublier qu'une personne que l'on condamne c'est un échec que l'on assume, que c'est une paresse intellectuelle qui détruit ce qu'il reste de beau dans l'humain : l'espoir et l'humanisme...

En souvenir de ceux que la justice humaine, avec son habituelle arrogance, à préférée voir rayé de la liste des vivants : innocents ou coupables, qu'ils soient assurés que les vivants - eux - le sont assurément de leur mort.

Aux morts en sursis !

Il se moque du temps...

C’est un bois petit et étrange
Où l’on pouvait voir, m’a-t-on dit,
Les dryades ; les nymphes et les anges
Que connaissent les mythes d’ailleurs et d’ici.

Tout y était pur, doux et si clair !
Les feuillages fredonnaient une chanson
Qui disait la beauté des cimes et la douceur de l’air ;
Les vignes sauvages poussaient en frondaison.

Mais tout ceci est souvenir d’un passé révolu,
Les fées ont disparu quelque part dans les nues
Quand le temps fit passer les heures et les moissons.

Il existe un homme cependant qui s’y rit des saisons,
Heureux hôte du bois, il vit là, pauvre et nu,
Se moquant doucement au vent mauvais des pendus.


[poème intitulé "Il se moque du temps", Premier poème de la série "Dédicaces"]
Copyright © [7 Octobre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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