mercredi 21 décembre 2011

Rhétorique décousue sur la peur

Silence dans ce sombre dédale,
La Solitude ça n'est pas être seul,
Mais de ne plus supporter la vue du linceul
Rappel incessant de la crainte qu'il moire.

Je rêve d'un marché d'Orient,
De ces chemins sinueux d'Occident,
Des langues éparses, des lagunes perdues
Que j'avais retrouvé, enfin.

Le voyage de mes songes
Épargne mes pieds, mais pas
Ma Solitude éternelle.
Que me resterait-il si tu partais ?

La Solitude est ma peur ;
Ces voyages mon deuil.

Pourtant dans les pas fiévreux
Que marque le prophète,
Je vois comme le chemin,
Me mène sans fin à Toi.

Tant de choses se sont tues,
Lorsque nos bouches scellèrent
L'union commune que l'Amour noue ;
Source d'aujourd'hui, fruit d'hier.

Tant de pensées nauséabondes,
De par les têtes, de par les coeurs
Mais partout, l'écho d'un choeur vivace,
Espoir infini d'un horizon à la Solitude.

Qu'Astartée se présente en cruelle guerrière,
Que Bacchus s'étouffe dans son vin,
Que Bhairavi m'écorche !

Jamais je ne vaincrais ce Silence altier,
Qui fait l'Ombre et la Solitude :
Puisque la vie ne cache souvent que mort,
Ton linceul moire mes peurs.

Mais ce linceul qui se fond dans le Silence ;
Dans l'Ombre sans vie de ma Solitude,
Ce linceul, disais-je, jamais ne masquera
Ton rire ; ma joie.


[poème intitulé "Rhétorique décousue sur la peur "]
Copyright © [Juillet 2010] [Jean-Mark Guérin]
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