vendredi 26 avril 2013

France, puis-je te voir autrement ?

Poème présenté au concours Poésie en Liberté 2012 ~ non retenu. Ce poème fut peut-être une erreur en soi. En effet, il tend à réifier et à naturaliser un concept résultat d'une construction socio-historique dont les aboutissants sont glaçants (xénophobie, bellicisme, etc). Cependant, je ne peux nier que j'ai vécu des transports patriotiques  (On pourra évoquer p. ex. la coupe du monde 98) et que nous sommes largement socialisés à penser en terme de nation : est-ce vraiment autre chose que de se dire républicain ?

Bref, partants du constat que la nation est une construction artificielle mais largement intériorisée, il m'a semblé qu'il me fallait écrire sur cette nation qui n'a d'ouverture qu'aussi loin que va sa devise et qui souvent marginalise ceux-là même qui mériteraient le plus de considération et qui sont peut-être les plus républicains d'entre-nous : les immigrés...



France, puis-je te voir autrement,
Que ne te vois chaque jours qui passe ?
Puis-je vraiment fermer les yeux sur
La vie qui va, qui vient et qui souffre ?


On m'a loué ton caractère et appris
Combien belle était ton histoire.
Dans mes transports patriotique,
J'ai chanté et j'ai ris à être franc.


Mais je ne ferme plus mes yeux
Et mon âme sur cette vérité crue :
Tous ne sont pas chez eux, chez nous
Dans cette France pensée fraternelle.


Je songe chaque jour qui passe
Qu'en ton sein se fit le songe
Qui vit l'homme et la femme
Également libres de penser
De passer et de vivre.


Te confier le peuple qui vit,
Fut peut-être une erreur.
Lui qui rugit, lui qui rougit,
Lui qui s'en va et s'en vient,
Riche de sa diversité et las
De ne jamais trouver ton sein.


Car ainsi va ton penchant naturel,
Tu tends à toujours vouloir encager
Ceux que tu aimes et ce que tu redoutes,
Étouffant tous ceux qui fondent ta nation.


Mais sais-tu, ô France, qu'en t'ouvrant
Tu ne risques pas de te perdre mais bien
Plutôt de vivre et de t'animer pour qu'enfin
S’embellisse ton histoire et se colore ton âme.



[poème intitulé "France, puis-je te voir autrement ?" ~ PEL 2012"]
Copyright © [Mars-Avril 2012] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

jeudi 21 juin 2012

Retour de voyage

Poème présenté au concours Poésie en Liberté 2012 ~ non retenu.


Cent ans devaient être passés
Et je ne reconnaissais plus
Ni celui que tu étais devenu
Ni tous ces mots ressassés.


Mes pensées furent vertigineuses
Pas tant d'avoir été profondes
Mais d'avoir été si nombreuses
Qu'elles abscondèrent le monde.


Mes esprits m'égaraient
Dans de sombres dédales
Sans lumière, sans idéal,
Sans jamais il est vrai
Me laisser entrapercevoir
Le sang et l'or d'un soir.


Cent années devaient être passées
Et cent années passèrent encore
Avant que mes pensées ressassées
Ne deviennent mots ; ne s'évaporent.

[poème intitulé "Retour de voyage ~ PEL 2012"]
Copyright © [Mars-Avril 2012] [Jean-Mark Guérin]
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dimanche 14 juin 2009

Ne pouvons-nous partir ?


Voici le second des deux poèmes réalisés pour le concours 2008 du "cercle de poésie Calliope". Après courte enquète et au vu des liens que cette association entretien avec la "Nouvelle Acropole", je ne participerais plus à ce concours. le thème était "l'idéal".

 

Il existe ma mie une contrée lointaine
Où vivent, discrets, de bons et sages bergers.
Pour eux, l'existence est une farce vilaine
Que ne relèvent que les astres éloignés.

Tout là-bas, le temps a suspendu son vol ;
Alphonse et Elvire sillonnent, quiets, le lac ;
Là-bas, tu auras l'éclat des beaux jours
Et les Parques ne joueront plus au trictrac.

Écoute ma mie, ne voulons nous partir ?
J'y pourrais voir renaître ton sourire,
Et j'y pourrais embrasser ta bouche.

Non. Tu restes muette et triste sur ta couche,
Car t'attends — je le sais — la sombre faucheuse,
Qui t'emportera malgré toutes mes prières pieuses.


[poème intitulé "Ne pouvons nous partir"]
Copyright © [Automne 2008] [Jean-Mark Guérin]
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« Et In Arcadia Ego »

Voici un des deux poèmes réalisés pour le concours 2008 du "cercle de poésie Calliope". Après courte enquête et au vu des liens que cette association entretien avec la "Nouvelle Acropole", je ne participerais plus à ce concours. Le thème fut "l'idéal".



Que l'on me laisse partir maintenant, j'ai soif d'aventures,
J'irais jusqu'en Arcadie puisque Morphée me conduit.

Que l'on me laisse aller, vivre et rêver, alors je m'envolerais,
Je n'ai nul besoin de cordes ou d'échelles, ma lyre me gouverne.

Que l'on me laisse seulement prier, rire et chanter à tue-tête,
Mes esprits et mon âme sont libres, ils s'enfuiront dans les nues.

**

Je ne suis pas Phébus ni Amour, mais Nerval et ma lyre s'étoile.
Laissez-moi vous dis-je, Pégase me reconnaitra sans doute.

Arrière, que l'on me laisse aller, vous verrez Charron demain.
Le passeur nous mènera vers l'oubli sans fin de Mes abysses.

Là, Je serais la primauté causale ; Je serais Râ l'étincelant.
Là, Je serais maître ; là, Je suis la source de toutes choses !

Croyez-moi et écoutez la voix des courants millénaires,
Écoutez le récit de Mes batailles et celle de Ma victoire.

J'en appelle à Vénus la belle, à Astartée la battante et à Bhairavi la cruelle,
Écrasez de vos cothurnes, car Je vous l'ordonne, les peuples mécréants !

**

Que l'on me laisse seulement à mes délires, je vis en Arcadie !
Ici, le temps s'arrête et Bacchus dort en un nouveau pausilippe.

Que l'on me laisse dire que le dormeur du val est ressuscité ici
Et que Rimbaud se promène à mes côtés, sa belle ourse en idéal.

Que l'on me laisse dire enfin que ma vie n'est pas là-bas, mais ici.
Car ici, en Arcadie, Vénus, Nerval et Rimbaud m'accompagnent.

**

Que l'on me laisse seulement dire alors : « Et In Arcadia Ego ».


[poème intitulé “Et in Arcadia Ego”]
Copyright © [Automne 2008] [Jean-Mark Guérin]
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mardi 10 février 2009

Mémoires et cultures 2008 (2)


Voici le second des trois poèmes proposés à l'occasion du concours de poésie de l'association "mémoires et cultures", celui-ci n'a pas été retenu.

Partout
Sans cesse.

Oublie l'ombre,
Même la lumière.

L'aveugle voit ;
Le sourd entend.

Le muet sait
Mais il se tait.

Ils ont raison...


[poème intitulé "Le sens de la Vie"]
Copyright © [Aout-Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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Mémoires et cultures 2008

Voici dévoilé, comme promis, le poème publié dans le recueil du concours 2008 de l'association mémoires et cultures, ce poème est intitulé "Haïkus, nuit et narghilé".

Il me semble cependant moins bien finalisé qu'un autre des poèmes que j'ai écrit à cette occasion et que je publierais sans doute bientôt.


La nuit
trop calme
M'interroge.

*

Muet,
Je songe pourtant
dans la fumée.

*

Les plus belles lettres
S'envolent.
Si courtes !
*

La Lune
Me rappellera
ton sourire.

  
[poème intitulé "Haïku, nuit et narghilé"]
Copyright © [Aout-Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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vendredi 14 novembre 2008

Concours les ADEX 2008


Voici le poème selectionné pour être édité dans le recueil souvenir 2008 des ADEX. Il fait partie des trente (ou vingt) poèmes retenus, mais n'est pas lauréat.

C'est également le cas pour le concours "Mémoire et Culture 2008" (je mettrais le poème en question en ligne lors de la parution : je ne sais pas lequel à été retenu). Le thème du concours des ADEX était "le regard".

Enfin, bref....
Voici la bête, inutile de vous dire (ce serais déplacé) que je n'en suis absolument pas satisfait ... :/


Regardez rire l'aveugle

Que verrait un aveugle
qui recouvre la vue ?

Verrait-il le Soleil
Ou la Lune de nuit ;

Verrait-il nos mystères
Et le ciel trop gris ?

Voit-il la beauté ;
Voit-il l'amour ?

Dedans sa nuit
Et dedans ses songes,
Que vit-il ?

Qu'importe .

Regardez rire l'aveugle,
Il voit au-delà des nuées.


[poème intitulé "Regardez rire l'aveugle"]
Copyright © [Aout-Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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dimanche 23 mars 2008

semaine de la langue française


Demain se termine la semaine de la langue française qui, pendant quelques jours, aura vu se dérouler nombres de cérémonies en l'honneur de la langue de Molière. Dans ce cadre 10 mots ont été mis en avant, il s'agit de :
  • Apprivoiser
  • Boussole
  • Jubilatoire
  • Palabre
  • Passerelle
  • Rhizome
  • S’attabler
  • Tact
  • Toi
  • Visage
Et comme le Français est avant tout un appel fort au jeu, la tentation fut forte de tordre ces mots et de les ordonner, de les corseter dans une forme profondément classique: le Quatrain. Voici donc le résultat du jeu auquel nous nous prêtâmes mon frère et moi:

Mon ordinaire folie

À la boussole obscure de mes folies,
je n’entrevoie que toi, ton sibyllin visage,
Qui su apprivoiser mon cœur et mon esprit
En une transe jubilatoire d’un autre âge.

Ah ! Je te vois, je t’imagine, m’approchant ;
Traversant le Styx sans barque ni passerelle,
Marchant dessus l’eau comme Vénus la Belle,
Comme Astarté même, l’amante des battants.

Car dans mes délires je me vois en soldat,
Me battant contre mes chimères, Charybde, Scylla
Et le rhizome de toutes mes folies aussi.

La sourde palabre de mon égo se tarie,
Quand tu viens, doucement, avec tact et douceur.
L’on va s’attabler, je prend mes antidouleurs.



Te poursuivre une vie

Naître dans un monde sans lumière ni espoir ;
Apprivoiser la peur, anticiper ses craintes ;
Tenir le cap avec la boussole noire,
Jubilatoire horreur d'une terrible étreinte.

Redouter la longue palabre de la mort qui,
Telle une passerelle, enjambe le vide de mes nuits.
Les rhizomes de mes pensées étranglent l'esprit
qui veut s'attabler avec mon fantôme qui rit.

Trouver la chaleur dans un Soleil qui se perd ;
Dénicher une once de douceur dans un désert ;
Remiser son humanité et l’affronter.

cruel est le tact des cauchemars délétères,
Sans toi pour m'aider dans ma quête à déterrer
Les contours pâles de ton visage d'éther.


[poèmes intitulés "Mon ordinaire folie" & "Te poursuivre une vie"]
Copyright © [29 Mars 2009] [Yannick Guérin & Jean-Mark Guérin]
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samedi 19 mai 2007

L'humain et l'inhumain


Il s'agissait ici de participer à un concours qui aura lieu en 2008 et dont le thème est: " l'ivresse ".
Mon poème s'intitule "L'humain et l'inhumain", je tente ici de montrer le côté profondément humain de l'ivresse (amoureuse) mais également inhumain de celle-ci (liée à l'alcool)

Quand le soleil tombe et que l'alcool coule,
Quand forment la ronde et soudain s'écroulent,
Les hommes n'ont plus grand chose d'humain
La raison inhibée n'y est plus pour rien...

Quand le soleil se couche et sourit aux amants,
Quand le cœur bat fort; que se soumet le battant.
Le tableau est grandiose, tellement humain,
Et la raison bridée n'y est plus pour rien.

Cette joie partagée, cet abandon de la raison,
Ce doux, ce bienheureux oubli du quotidien,
Ces soirs couchants ou tombants qui tournent en ronds,
C’est l'ivresse : mélange d'humain et d'inhumain.


[poème intitulé "L'humain & l'inhumain"]
Copyright © [18 Juin 2007] [Jean-Mark Guérin]
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