mardi 16 juin 2009

Terrasser l'hydre

Voici encore un poème dont la lecture n'est certes pas facile, la forme est un choix personnel que dicte le fond et la curiosité qu'éveilla en moi la poésie d'Eluard qui se rit de la ponctuation et la boude sans complexe. Loin d'égaler le maitre, je ré-interprète librement la griffe pour mieux me la rapproprier, peut-être à tort; Qui sais vraiment?

 

1. Comme l'hydre est apparut

L'hydre ! Milles têtes ; un seul coeur.
L'hydre ! Mille ans de malheurs.

C'est l'ombre d'une parque
Qui m'attire dedans la barque
Légère mais lourde de Charon ;
Milles vies s'oublient ainsi à l'Acheron.

L'hydre est affreuse : milles têtes
me susurrent d'une voix rauque
Comme mon âme qui s'entête
Est l'inutile captive du même roc
Que tout ces hommes de rien
Dont je suis le même chemin.

 

2. Comme la voix écarte la foi

Ha ! Cruelles chimères, je vous entend,
Mon coeur qui fut naguère indifférent
Se grise désormais de vos insidieuses voix
Perdant peu à peu ce qui lui reste de foi
sans pouvoir réprimer l'indolent sentiment
Que porte l'ombre des sombres vents.

Ô muse, ne sent tu rien venir ?
Voit, mon regard jadis clair se ternir.

Où donc est passé l'enfant que je suis,
L'indicible styx des songes me l'a-t-il pris ?

L'hydre m'ensorcelle et m'écoeure :
Milles têtes. Milles têtes, mais un seul coeur.

 

3. Que la muse sourit seulement

Ma pensée est folie, mes songes m'oublient,
Pourtant prophète de mes terres d'ombres,
Je gouverne le bonheur de mon verbe sombre.
Muse, mon regard éteint voit comme tu souris.

Va t'en parque ! Rejoins donc tes soeurs,
A votre Sabbat oubliez moi bien vite,
Je tuerais l'hydre, piétinée sans peur,
Mettant un terme à la voix de vos rites.

La plume ne donne pas de la mort l'envie,
Car, plume de ma muse, c'est un hymne de vie.


[poème intitulé "Terrasser l'Hydre"]
Copyright © [Avril 2009] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

jeudi 1 mai 2008

Sarabande abyssale


Desnos m'inspire en ce moment comme d'autre poètes ont pu m'inspirer auparavant, voici un essai d'écriture que je libère à la façon de Desnos : ma plume, folle, s'envole ou s'enfonce dans le mystère. Toujours mes esprits s'affolent.

Sarabande abyssale

Ô essence de mon esprit,
Ombre de l’esprit d’un
Coquillage centenaire,
Sache trouver
Ta route.

Celle qui sinue
Parmi les décombres,
Fumants et Sinistres ;
Exaltants.
Vestiges que tu écrases, délicate,
De tes cothurnes d’acier.

Et entends ! (dirait le Prophète, etc.)
Attends la parole d’un prophétique archange
Ou la voix de Desnos
- Qui sait ?- .

Attend, disais-je, que viennent
Les Vérités
Ou la Vérité,
Blanche ; belle ; émouvante
Et pleine de vie.

(Est-elle nue ou se pare-t-elle
Des algues abyssales ?)

Tu entends ? N’attends plus alors !
N’attend pas, veux-je dire, qu’elle t’embrasse :
Cependant que tu trembles, elle est libre et
T’enchaîne
Pourtant.

Ô essence de mon esprit,
Es-tu ombre de l’esprit d’un
Coquillage millénaire ?

Ô sens qui êtes éprît,
Êtes-vous ombre d’une prise de pêcheur,
Des calmars abyssaux et des huitres perlières ?

Oui ! Oui, pris, vous l’êtes cent fois,
Mille fois, même, ou que sais-je.
Et de ces abysses et de ces perles
(Sont-ce vos abysse ; sont-ce vos perles ?),
Voyez comme je tire à moi l’esprit
Des cothurnes
Qui foulèrent l’insondable des sols abyssaux.


[poème intitulé "Sarabande Abyssale"]
Copyright © [1er Mai 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

dimanche 20 avril 2008

L'ombre d'un instant...


Au bal des ombres déchues


Hommage à R. Desnos


Au bal des ombres déchues dansent les souvenirs,
Ces souffles fragiles de nos rêves d'outre-songes
Qui viennent, denses, se heurter aux parois du désirs.
Ha! Sourires familiers ; fermoirs des feux qui me rongent...

Être une ombre donc parmi les ombres,
 Fantômes déchus à l'âme d'un blanc trop sombre.
Et les ectoplasmes, mêmes, se confondent
A l'Arctique des délires de ce monde.

Et nos chairs faites Ombres dans cet élan,
D'envie et de joie plus que d'amour intense,
Trouve dans l'autre cet éternel instant
Que la réalité nous refusera d'avance.

Ainsi que Midas fit de l'or sans trêve,
Voyez comme je fais des songes sans grève :
Il n'est rien pour m'arrimer ; rien pour aimer,
La réalité, soudain - soudain ! -, s'en est allée.


[poème intitulé "Au bal des ombres déchues"]
Copyright © [20 Avril 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.