mercredi 22 avril 2009

La rue crie

Voici longtemps que je n'avais plus publié sur mon blog, cela en raison de la période trouble que nous vivons à l'université mais également en raison de la préparation des dossiers pour le master.

En tout état de cause, j'ai retrouvé quelques poèmes oubliés au fond de mes carnets, je vous les livrerais donc au cours des jours à venir.

En voici un qui date de février de cette année, le ton est un peu mordant et je savais pas si je devais le publier ici ou pas. Finalement j'ai décidé que l'atypisme était une qualité...


La rue crie

L'oeil blafard de la nuit contemple les barricades
Le sang ruisselle des caniveaux débordants de viscères
Et les biens pensants se terrent au fond des maisons.

La révoltes gronde messieurs ! N'entendez vous pas ?
Que l'on tranche, que l'on coupe et que l'on tue,
Pourvue que l'on ne comprenne pas.

Le monde marchait sur la tête et l'espoir d'un rouge étendard
Souriait au coeur des malheureux, des miséreux et des cul-terreux :
Enfin le monde leurs appartenait ; enfin le monde changeait.

Que de cadavres ! Que de simulacres de justice pour les pantins de la cause.
Combien de mort pour le roi, combien pour le peuple ?
Combien de con, enfin, vivant malgré tout et malgré nous ?

Maintenant la justice ne gronde plus, la colère est sotte et l'homme est bête,
La rue crie tandis que les fortunes volent, le fossé du diable grandit, sans cesse,
Et ne s'y engouffre que les pauvres tandis que rient les bien nantis.

Alors la rue crie, la rue hurle et s'esclaffe au nom de causes improbables,
conduites par des incapables, des abrutis, qui mènent la rue au gouffre.
La rue crie, oui, elle crie parce qu'elle veut vivre, mais la rue meurt aussi.

Et les morts ne mènent rien...



[poème intitulé "La rue crie"]
Copyright © [Février 2009] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

lundi 7 juillet 2008

du haut d'un train



Il suffit de prendre le moindre petit chemin en terre de France, quitte à endurer une marche variablement longue selon l'endurance des marcheurs, pour tomber à un moment, ou à l'autre, sur deux - quoiqu'il puisse arriver qu'il y en ai d'avantage mais rarement de façon impaires - longues et fines lignes d'acier.


Au premier abord la monotone linéarité des rails rend leurs étude, et toute réflexion à leurs sujet, barbante. Ils possèdent pourtant des vertus intrinsèques, des qualités subtiles qui font d'eux un objet de propos à la finalité intéressante mais à l'utilité réduite. Les voyageurs en effet les prennent comme point d'ancrage ou plutôt, car nous sommes ici pour trouver les termes justes, comme fil de conduite. Il me rappellent parfois ce fil que les nageurs en apnées usent pour retrouver de manière rapide et efficace la surface, cependant ce n'est pas le sujet.


Au dessus des gravillons rouges, puisqu'il nous faut revenir au sujet si nous voulons terminer nos propos, se perchent donc les rails. Se perchent? je devrait dire trônent car ils sont maitres incontestés de l'espace qu'ils occupent, ceci est vrai cependant que n'apparait pas un train, sinon ce dernier conquiert de façon passagère l'espace. C'est d'ailleurs de cette double situation de maitre et de subordonné (au train) que viens leurs humilité : un maintiens royal qui se conjugue à une discrétion servile. Sans compter que les rails découpent le paysages et gouvernent par la même les territoires qu'ils enclosent (mais nous ne nous épancheront pas sur cela).


Nos longue lignes droites sont entrecoupées par envers par de mi-longue lattes de bois, rappelant une échelle, mais pas celle qui servirait pour cueillir les pommes à un arbre, ce serait bien plutôt un outillage métaphysique qui permettrait de cueillir l'idée à l'arbre de l'esprit.
Et puis, c'est comme si quelqu'un avait voulu escalader la Terre, rien que cela nous dépasse! La grandeur et l'infinité de ce qui se déroule, au sens propre du terme, sous nos pied est impressionnante!


A bien y regarder des vis fixent l'acier au bois mais l'esprit semble vouloir oublier ce détail et ne s'attacher qu'à la notion d'éclat de l'endroit, de droiture de la ligne et d'horizon du concept. En cela les rails guident l'esprit du voyageur qui y trouve l'idée de l'échelle que nous avons pu développer ci-dessus et laisse la pensée cheminer et escalader l'horizon.


Pourtant s'il est une chose qui semble vouloir arrêter les rails c'est bien l'homme, ce qui est un étrange paradoxe au regard du fait que l'esprit tente d'effacer le lien logique qui existe entre la présence des rails et celle des hommes (rappelez-vous : l'esprit veut oublier les "vis"). Ainsi l'homme arrête les rails en gare et donc la réflexion du voyageur qui ne serait pas occuper à manger quelque sandwich mollasson ou regarder en artiste sa troublante voisine.


Et il faut donc parfois terminer le voyage. Fatalement vient le terminus : l'esprit s'accroche au rails qui partent en tournant et disparaissent à l'horizon, il faut donc accepter de perdre sa réflexion de vue en gare. Cela explique l'abasourdissement de l'arrivée après un long voyage : l'esprit s'attend.


Voyez vous-même : les rails ont cela de magique qu'ils guident sans mener.

[poème en prose intitulé "Du haut d'un train"]
Copyright © [Juin 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

vendredi 25 janvier 2008

Le Papillon est noir...


Tombe dans l'oubli des tombes de l'Oubli.

Sent qui souffle à ta nuque le souffle d'air d'un battement d'ailes de papillon.

Le papillon est noir.
Noir comme la nuit d'un cruel oubli.

Le papillon est diaphane aussi.
Comme Ta voix qui s'estompe dans les limbes de mon oublie.

Le souffle est léger, toujours. Mais ma colère est noire.Si noire!
Le souffle pourtant m'emporte : il me tente d'un oubli que je traque.

Ces battements ne font pas de bruit, comme un silence qui traine et qu'on oubli.
Ces battements m’emportent vers la capitale de mes rêves d'utopie où la folie s’envole.
Elle s’envole ! (Comme le papillon pour se poser sur La rose.)

Et le papillon bat des ailes.

Il bat! Il bat...

(Mes yeux s'oublient dans ses mouvement.)

Noir, l'ai-je dit?
Diaphane aussi!

La chenille pourtant était blanche, en ces temps ou je fuyais l'Oubli.
Et je n’oublie pas qu’elle était blanche aussi lorsque je te vis.
Blanche encore quand tes lèvres dévoilent Ton sourire.

Mais la Chrysalide bien vite donne le tempo et le temps fuis !
Ton image non…

La pensée qui me reste est cette image d'oubli entre les tombes de l'Oubli.

Le papillon noir souffle pourtant!
Il souffle!

Noir et diaphane,
Son battement est régulier.


[poème intitulé "Papillon est noir"]
Copyright © [25 Janvier 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.