mardi 3 juin 2014

Suspendu

Prophète et Roi sur les décombres d'Hier
Prophète et Roi d'une illusion !
Il ne reste rien de ce qui fut et le Temps file,
Suspendu.

Je fus Témoin,
Je fus Roi,
Je fus Prophète,
Me voici fossoyeur.

Il ne reste plus rien
de ce qui fut.

Je ne suis plus rien.
Ni Roi.
Ni Prophète.

Humble, je le suis devenu ;
C'est la force des choses.
Et l'Ombre est revenue,
cruel rappel d'avant le Tout.


***

Tout, c'est la vie, c'est la joie,
C'est l'espoir même ! C'est l'Ombre
Qui n'est plus et la peur
Disparue.

Tout, c'est la Citadelle imprenable
La Montagne, le Bois et les plus fines feuilles.
Tout, c'est le Palais métaphorique ;
Le jardin somptueux, écrin de l'eau claire.

Tout, c'est le Saule ; pleurant de joie,
Porteur de vie ; porteur d'un futur.

L'ombre douce du Saule pourtant
C'était l'Ombre d'antan ; celle d'avant le Tout.


***

Et soudain. Poussière ! Larmes !
Tout a disparu.
Ne reste que moi :
Le Temps est
Suspendu.

Ombre que veux-tu ;
Qu'ai-je dit ;
Qu'ai-je fait au Divin ?
Dois-je donc vivre
Suspendu ?


***

Baste !
Puisque Je ne suis plus, hélas,
Ni Roi, ni prophète,
Pour Toi, qui fut
Tout.

 

[poème intitulé "Suspendu"]
Copyright © [6 novembre 2013] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

 

l'Arbre foudroyé

Enfin, l’arbre millénaire est foudroyé !
Ainsi s’accomplit la prophétie
Et disparait l’ignoble – oh, risible - destin.

Dieux, qu’attendiez-vous de moi ?
Ma haine est grande désormais.
Commandez : je commanderais,
Feu, Mort et la destruction même.

L’arbre millénaire a succombé
Et avec lui les illusions
De cette enfance
Egarée.

Courage,
Je suis donc destruction
Et l’enfant apeuré,
voué aux gémonies
A déchiré ses entrailles.

L’arbre millénaire est en cendre !
Et rien ne renaitra de cette poussière :
C’est ainsi que commence la nouvelle prophétie.

Mort et dévastation !
Dévastation ! Dévastation !
Ou alors pars ; pars,
Et crains ta propre colère.

Car l'arbre est foudroyé.

 

[poème intitulé "l'Arbre foudroyé"]
Copyright © [15 Décembre 2013, Lyon] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

 

lundi 10 février 2014

Vers de nouveaux rivages

Mer d'amertume ; pâle et lourde Écume ;
Je pars !
Haines, Regret, Tristesse et Bassesse,
Je pars !

Dieux multiples, sur la Mer et la Terre,
Guidez mes pieds, guidez mes yeux.
Ô nymphes, ô déesses diaphanes,
Du fond de vos abysses, apparaissez !

Je pars ! Je pars !
Ah ! Possibles multiples,
vous me faites revivre.

Je pars ! Je pars !
J'en oublie soudain
L'arbre consumé ;
L'ombre misérable.

Le futur est lumière
En de nouveaux rivages,
L'amourette singulière
En de nouveaux visages.

Je pars ! Je pars !
J'espère ! J'espère !


[poème intitulé "Vers de nouveaux rivages"]
Copyright © [29 novembre 2013, Paris-Lyon] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

mercredi 8 janvier 2014

Comme chaque année, de bonne résolutions...

L'année 2013 est maintenant définitivement derrière nous : sa lente agonie qui n'en finissait pas commençait, pour ma part, à me porter sur les nerfs, je suis donc assez content d'être débarrassé de cette « Annus horribilis » pour reprendre le latinisme consacré (à tort ou à raison d'ailleurs).

Bref, je fonde de grands espoirs en cette année nouvelle et je vous souhaite à tous, rares lecteurs de mon blog de rimailleur, une très belle année 2014. Pour fêter cette année nouvelle, je partage avec vous l'un des poèmes que j'ai écrits en 2013.

J'ai, à ce propos, beaucoup écrit ces derniers mois, mais je n'ai que peu partagé. Cela peut-être en raison de ma pratique très marquée XIXe qui tend donc à mettre en mot beaucoup d'états d'âme. Dans la mesure où les mois récents furent durs et lourds, j'avais, d'une part, des réticences liées à la pudeur. D'autre part, j'avais des réserves en raison de l'implication de quelques personnes dans ces tranches de vie, implication qui nécessairement se retrouve d'une certaine façon sur le papier.

Mais baste ! Je trouverais bien à sélectionner quelques textes et, par ailleurs, j'espère bien écrire plus légèrement dans les mois à venir. Peut-être dans le courant de l'année en viendrais-je à recélébrer les élans d'un coeur à l'abandon.



Plus aucune espèce d'importance

 

Allons camarade ! La prophétie est passée :
L'Arbre Millénaire s'est embrasé soudain.
Astartée se fait attendre dans les décombres
De ton passé-cendre : tout est consumé.

 

Il te faut désormais reprendre cette route
Que prennent tous ceux qui fuient leurs décombres.
Et, partout, tu ne verras que Souffrance,
Car la route est pleine des plaisirs consumés.

 

Allons, camarade, ne pleure plus !
Prendre la route c'est ouvrir les bras,
C'est rêver et découvrir,
C'est aimer — peut-être.

 

Il te faut revenir à ce qui fut d'avant.
D'avant la première route ; d'avant la première vie.
À cette condition seule, tu t'ouvriras aux possibles ;
Tu t'ouvriras à des lendemains non encore consumés.

 

Allons, camarade, avançons !
Brûle ce qui te reste,
Ris de ce qui te reste :
Ça n'a plus d'importance.


[poème intitulé "Plus aucune espèce d'importance"]
Copyright © [8 Novembre 2013, Lyon] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

mercredi 21 décembre 2011

Rhétorique décousue sur la peur

Silence dans ce sombre dédale,
La Solitude ça n'est pas être seul,
Mais de ne plus supporter la vue du linceul
Rappel incessant de la crainte qu'il moire.

Je rêve d'un marché d'Orient,
De ces chemins sinueux d'Occident,
Des langues éparses, des lagunes perdues
Que j'avais retrouvé, enfin.

Le voyage de mes songes
Épargne mes pieds, mais pas
Ma Solitude éternelle.
Que me resterait-il si tu partais ?

La Solitude est ma peur ;
Ces voyages mon deuil.

Pourtant dans les pas fiévreux
Que marque le prophète,
Je vois comme le chemin,
Me mène sans fin à Toi.

Tant de choses se sont tues,
Lorsque nos bouches scellèrent
L'union commune que l'Amour noue ;
Source d'aujourd'hui, fruit d'hier.

Tant de pensées nauséabondes,
De par les têtes, de par les coeurs
Mais partout, l'écho d'un choeur vivace,
Espoir infini d'un horizon à la Solitude.

Qu'Astartée se présente en cruelle guerrière,
Que Bacchus s'étouffe dans son vin,
Que Bhairavi m'écorche !

Jamais je ne vaincrais ce Silence altier,
Qui fait l'Ombre et la Solitude :
Puisque la vie ne cache souvent que mort,
Ton linceul moire mes peurs.

Mais ce linceul qui se fond dans le Silence ;
Dans l'Ombre sans vie de ma Solitude,
Ce linceul, disais-je, jamais ne masquera
Ton rire ; ma joie.


[poème intitulé "Rhétorique décousue sur la peur "]
Copyright © [Juillet 2010] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

mercredi 26 janvier 2011

L'incroyable psychologie

Probablement un des poèmes que j'ai le plus travaillé, peut-être l'un des plus tortueux aussi...

Acte premier. Prologue

Oyez, gens d'ici bas, vous les morts en sursis !
Voyez comme le silence soudain se fait ;
Lorsque la salle, comble, s'effraie.
Qu'une part de Ma vérité se révèle ici !

Trois coups,
Est-ce la mort selon vous ?

Silence, le spectacle commence,
Les rideaux s'effacent petit à petit.

Acte second. Scène première.

Deux ombres s'avancent, la flamme vacille ;
La flamme vacille doucement, puis s'éteint.
Stupeur dans la foule ; les ombres tournoient.

Pas un mot, silence de mort.
Les ombres dansent-elles ?
Non, elle se battent.

Voici que vient la lumière,
Que porte un laquais.
Rictus dramatique.

Souffle les ombres, cela n'avance à rien :
La lumière soulage les spectateurs,
Et chasse sans cesse ces tristes spectres.

Les ombres dispersées par la lumière
Ne reviendrons plus avant
Et le laquais sourit.

Sourire de guingois, sourire sournois.
Le public ignore tout du scénario.

Ce triste esclave éteint la flamme.
Qui est qui ; Qui sert qui ?

Se termine la scène, suffoque la foule.

Le rideau se ferme,
C'est l'entracte.

Acte troisième. Acte d'entracte.

«     - Avez-vous vu cela ?
     - J'ai cru défaillir.  »

Le bien vacille, cela est certain :
Bien que le mal n'y soit pour rien.
« Il » se moque de l'un comme de l'autre.
Qui est-« il » ?

La vérité est étrangère
à qui refuse de la voir.

Oyez braves gens :
Le dénouement est proche...

«     - Qui sait, peut-être est-ce là un leurre ?
    - Non, je refuse d'en voir plus avant.     »

Ainsi la foule n'est plus que moitié
de retour dans l'exécrable salle,
Elle se tait, elle veut savoir.

Trois coup,
Est-ce la mort selon vous ?

Silence, le spectacle continue :
Les rideaux s'ouvrent de nouveau.

Acte quatrième. L'ombre éclairera.

La scène est noire et silencieuse,
La scène est sombre, s'agitent les ombres.
On les pressent plus qu'on ne les voient.
Tandis que ris le laquais sournois.

C'est en un geste grotesque que meurt l'esclave,
L'ombre vainc et l'ombre perd le traître, l'agent.

Car l'ombre n'est pas qu'ombre :
Elle souligne la lumière ; apaise la noirceur.

Commence alors un ballet autour du corps sans vie,
grotesque figure du trompeur qu'haïssent les ombres.
Dansez, dansez ! Voyez comme se fait la lumière.

La nuit demeure pourtant sur scène par endroit.
Comme autant de graines d'un même mal.
Baste. Dansent, dansent les ombres !

Le rideau se (re)ferme.

Acte cinquième. Acte d'introspection.

La demie-foule est perdue

«     - Que devons nous penser
    - Le régisseur est-il pris de folie ?  »

Les questions pressent, nulles réponses,
personne ne perçoit l'ombre grandissante,
Et la foule, c'est ainsi que font les hommes,
S'entre-déchire pour savoir qui saura.

Ô spectacle sublime ; ô cadavres épars
Que découpe poétiquement la lumière :
Les ombres ricanent.

Trois coup,
Est-ce la mort selon vous ?

Silence, le spectacle va se terminer,
Les rideaux s'ouvrent.

Acte dernier. L'ombre et la lumière.

Lorsque le silence retombe,
Et que la mort est repartie
 - d'ombre ou de lumière,
c'est selon la foi -,

La scène se vide des pantins, des mirages,
Ne reste sur scène que l'ombre et la lumière,
Sublimes composantes de la même folie
Que transcendent le raisonnement sain.

Et parmi le public, tous s'écroulent un-à-un,
Les survivants ne le sont plus :
Car réduire l'ombre à la lumière ;
La lumière à l'ombre,
C'est accepter la mort, servile,
c'est se réduire soi-même.
C'est réduire l'humanité.

Et ainsi, le rideau se ferme sur la scène de notre psyché ;
sur cette incroyable psychologie.

[poème intitulé "L'incroyable Psychologie"]
Copyright © [2010-2011] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

mardi 26 octobre 2010

Perdition

Dans les méandres d'une vie
Aux plis trop nombreux,
Je me perdais, me suis perdu,
Ici ou ailleurs, qu'importe ?

Nulle attente que la mienne,
L'attente d'une attente infinie.
L'ombre ne venait pas
La sombre lumière non plus.

C'est là, entre deux plis de rien
Que je me perdais :
Rien ne vint
Jamais.

A quoi bon vouloir dire alors,
Tout ce que dicte l'ombre ?

A quoi bon, alors, tenter
Cette sombre prophétie ?

Je suis jeune encore,
Sans âge pourtant.

Cependant que la vieillesse maligne
S'insinue doucement dans mes vers.

[poème intitulé "Perdition"]
Copyright © [Eté 2010] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

lundi 18 octobre 2010

Jamais plus...


Heureux qui, comme Ulysse,
S'en revient de loin
En sachant où aller.

Mais que possède Ulysse ;

Quelles prétentions ?
Adieu pensées nauséabondes,

Mon ombre vous confond.

A la lumière, je préfère ma sombre complice,
Que le diable vous emporte !


[poème intitulé "Jamais plus"]
Copyright © [2010] [Jean-Mark Guérin]
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lundi 11 octobre 2010

Requiem Solaire

Ce poème marque la reprise de l'acte d'écriture qui fonde la ma poésie, il s'intitule "requiem solaire".

Le cadavre nauséabond du soleil
Gît en un profond mausolée
Trouvé alors que je cherchais
Du sens la source discrète ;
Le Ponant du Levant.

Ah ! Comme j'ai ri à la vue du pantin
Qui gardait la chambre funèbre :
Tant de sang écarlate répandu
Sur mes cothurnes faites ombres !


[poème intitulé "Requiem Solaire"]
Copyright © [Printemps 2010] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

mardi 21 septembre 2010

Les despotes


Je suis seul, nous sommes cinq.
Nous sommes des milliers
Entre ici et nul part ;
Quelque part ou partout.

Et dans nos abimes de servitudes
Nous songeons, voyez : nous voyons,
A toutes ces chaines irréelles :
Sont-ce vos chaines si réelles ?

Il n'est pas de corps qui ne sentent
La présence obsédante, oppressante,
de votre tyrannie.

Vos pensées nauséabondes traversent la chair
puisque l'esprit est faible, si faible !
Pourtant partout réside cet espoir,
Comme une lumière brulante.

Car bientôt viendra le prophète
Celui qui vient et qui libère
Sera celui qui asservit.

Nous l'appellerons
Despote.


[poème intitulé "Les despotes"]
Copyright © [Printemps 2010] [Jean-Mark Guérin]
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dimanche 27 septembre 2009

Sans attaches


Comme promis, voici un second poèmes, écris à la fin de cet été. C'est davantage un exercice de style ici : nulle ponctuation et un essai sur l'usage de la rime et du poème. A vrai dire je n'en suis pas totalement satisfait, mais baste ! Ce poème est intitulé "Sans attaches".

La rime fait et refait le poète, le lit deux fois
Alors que le poète n'écris jamais qu'une fois
D'abord sage et câline, la rime avoue le poète
Ensuite sauvage, elle le rit, elle l'interprète

Écoutez comme le poème, à vous, s'impose
Comme il est milles voix, milles symboles
Qui parfois s'en-viennent, parfois s'envolent
Mais la rime est libre et jamais ne se pose

Qu'est le poème, alors, s'il n'est rien vraiment
Est-ce un anathème ou une perle de sentiments
Comme un lourd abcès de pensées purulentes

La rime est libre et belle, parfois si crue et lourde
La rime n'attend pas, elle est une collision sourde
Car, rimes et poèmes nous défont et nous enfantes


[poème intitulé "Sans attaches"]
Copyright © [Aout-Septembre 2009] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

vendredi 25 septembre 2009

Cessons donc ...


D'autres poèmes suivrons sous peu ; celui-ci est un peu dur peut-être, je l'ai écris cet été après la lecture du livre de Calderon dont mon premier paragraphe est un éponyme. Ce poème s'intitule : "cessons donc..."

La vie n'est qu'un songe
Et l'existence s'illusionne,
Quel est le prix de la vérité
Si ce n'est celui de la poudre ?

Les tempes battantes, un homme défait
ce qu'une foule ne peut faire.
Mais un homme c'est misère :
Un rien dans un Océan de tout.

Nous vivons, nous aimons, nous luttons,
Nous mourrons, nous détestons, nous renonçons.
Et pourtant les cimes gardent leurs superbes ;
Et pourtant les fruits restent doux à nos langues.

Sachez que l'aigle que l'on croit discerner
N'est, en vérité, qu'un commun charognard :
Vil et grandiloquent. La vie n'est pas juste,
C'est une cruelle ironie sans vainqueurs
Ni vaincus.

La vérité crue ne dissipera jamais l'illusion,
Cessons de juger.


[poème intitulé "Cessons donc"]
Copyright © [Juillet 2009] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

lundi 15 juin 2009

Circée seule le sait...


Regards échangés et troubles pensées
Ainsi la vie s'en va et s'en vient
Deça ; delà, pareil à la feuille morte.

Ce vent mauvais aura-t-il raison
de moi, de toi et de nous tous ?
Circée seule sait la vérité.

Mais je suis libre ! Libre d'exister,
Libre d'amour et libre de pensée.
Ne le somme nous pas tous ?

Qui sait ? Circée seule en vérité.
Et je porte alors le triste fardeau
De l'existence humaine.

Mon chemin pourtant est joie,
Il reste d'amour ; il reste d'amitié.
Ô spleen ! Ô circée, tu sais bien !

Quand donc l'ombre du vent mauvais
Viendra-t-elle brusquement à moi,
Emmenant peines ; joies et souvenirs ?

Circée seule le sait. Circée seule en rit.


[poème inti­tulé “Circée seule le sait”]
Copyright © [Mars 2009] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

dimanche 14 juin 2009

Par un beau matin d'été...

Aujourd'hui je renoue avec ce blog puisque j'en trouve le temps. Je me fendrais peut-être d'un billet de reflexion, en attendant je nettoie un peu la partie cachée (le deus ex machina) de ce blog qui avait besoin d'un bon décrassage.

Bref, je vous livre dans ce billet et les suivant les poèmes qui ont été présentés à quelques concours de printemps. Aucun n'a été retenu.

 

Qu'un mot me manque


Qu'un mot me manque et me voici
Dépouillé.

Perdu dans un méandre de réflexions
Vertigineuses, j'en viens à t'oublier.

*

Ainsi pensais-je un jour qui précéda de
longues et tortueuses traverses langagières.

Je n'était pas dans ce monde ni de ce monde,
J'en suis certain.

*

Ce fut ailleurs, dans les collines d'Arcadie,
Où Pan charme encore quelques donzelles.

Saviez que j'étais là-bas chez moi ;
Vous saviez vous étranger de cela ?

Ma pensée guide la pensée,
Mon esprit commande l'esprit.

Mon songe est souverain
Astartée mon arme ; mon bouclier.

Circée me couronne, quand
Mon monde moire votre monde
De l'ombre d'une réponse.

*

Si un mot me manque
Dans le silence de mon silence
Perçois la cruelle beauté de mes songes.


[poème intitulé "Qu'un mot me manque"]
Copyright © [1er Avril 2009] [Jean-Mark Guérin]
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mardi 30 septembre 2008

Ombre de mon ivresse


C'est dans le bois des souvenirs
Où de la rose pourris la cruauté,
Que ton spectre flou me fit venir,
Dans l'ombre de nos mots oubliés.

Si j'avais pu alors te comprendre,
crois-tu, belle au coeur de cendres
Que je t'aurais écouté et compris
Quand je ne comprend pas ton oubli ?

Je suis resté, pourtant, des heures debout
dans les limbes du bois des souvenirs
à ressasser notre passé ; mon avenir.

Ce n'est qu'au coucher d'un ciel saoul
Que je suis parti seul, sans tristesse.
Ais-je osé parler, ombre de mon ivresse ?


[poème intitulé "Ombre de mon ivresse"]
Copyright © [19 Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
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L'automne à ma porte


I. Comment la haine appelle la colère.

C'est au crépuscule d'un jour,
C'est à l'aube des temps,
Que Moïse divisa les eaux.

Les flots, pourtant, ne sont rien :
Ma fureur, elle, commande
L'indicible.

*

Car l'ombre de la rose
Est cruelle, si cruelle !
L'âme écorchée du vent
Mugit la plainte que gémit.

La rose ? Son ombre plutôt,
L'âme creuse d'un fiel
Mauvais.

*

C'est à l'ombre de son arbre
Que je voudrais qu'elle se ploit
Mais mes vents se noient
Dans les feuillage.

Ô rose, pourquoi cette haine ?
Puisque j'oublie mon amour,
noie tes souvenirs.

*

Ô rose, il est trop tard !
Ma colère sans limite
Brisera l'arbre,
Dissipera l'ombre
Et gelera toute vie.

II. Comme le vent vis que la colère est impuissante.

Ô rose, t'en souviens-t'il?
Nous étions amis, ta couleur
Etait le pourpre et mon souffle
Etait doux.

Mais regarde autour de toi !
Voit-tu ces fleurs qui pleurent ?
Sais-tu que j'oublierais ma tendresse
Puisque tu me hais ?

*

Tes épine sont cruelle à présent,
La fleur n'en a pas,
Elle pleure ; tu ris.

Et l'arbre ris de concert.

Que peut ainsi mon souffle
Si tu perd ta couleur ;
Ta beauté et son attachement ?

III. Comme la colère s'évapore avec l'automne

Hais donc à ta guise, la colère
Du vent s'estompe
Et s'évapore au loin.

L'arbre, lui, demeure,
Déjà tu l'enserre
Et il se meure sans le savoir.

*

Que la cigüe vous emporte,
Mon amour pour toi est morte !


Le vent déjà m'emmène
Là ou tes épines ne sauraient
m'atteindre.

*

Que les fleurs pleurent donc,
Je me plaît à penser
Que l'automne vient d'arriver.


[poème intitulé "L'automne à ma porte"]
Copyright © [Septembre 2008, à minuit] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

samedi 30 août 2008

La beauté de l'Ombre


Voici un poème : les Guerres et la haine recommencent sans cesse et pourtant l'espoir reste intact. Étrange et cruel paradoxe.

Acte Premier. Je suis toute chose.

 

Le Ciel est bleu
Cependant que le vent se lève.
La fureur agite les arbres
Dont la cime se courbe.

Courbes, ainsi que l'âme obtuse
Du vent ;
De la tempête
Et du miasme nauséabond.

Ainsi se répandra la Plaie :
Le Ciel est bleu
Mais il vente.

**

Et tandis que le vent souffle,
Un prophète se détache du Ciel
Sur la cime des monts.

Alors le prophète
— Ou était-ce Satan ? — ,
Se mit à rire
et à hurler.

— Voyez comme le vent se lève !
Au loin déjà tonne la fureur ;
Éclate la haine ;
S'envole la bonté.

— Les dieux n'acceptent pas
Que les Hommes s'élèvent,
Vous voilà punis !

Et le prophète fut foudroyé,
Lumière cendrée
D'un calme d'entre tempêtes.

**

Soudain, la rage me gagna
Les nuages se voilèrent
Le Ciel devint rouge
Puis noir.

Partout sur Terre
Les Êtres apprirent la peur
De l'Homme-Je ; de l'Homme-dieux.

Voici mes paroles :

— Rien ne doit surpasser
La causalité primaire de mon esprit,
Prosternez-vous et acceptez !

Le peuple se prosterna et fut anéanti.

Les nuages devinrent blancs
Puis le Ciel devint bleu.

**

La rage quitta l'Homme-Je
Pour aller hanter l'Homme-Nous.

 

Acte Second. Guerre et chaos.

 

Les lacs d'alors vivaient
de mille échos,
Les rires et les cris répondaient
Aux oiseaux.

**

Soudain les lacs
Bouillonnèrent ; écumèrent ;
Explosèrent en geyser vaporeux.

Les arbres furent déracinés,
Les montagnes rasées
Et le chaos s'installa.

La rage nous gagna
Les nuages se voilèrent,
Le ciel devint rouge
Puis noir.

**

Un nouveau prophète
Sortis de terre.

— Écoutez votre coeur,
Écoutez votre rage,
Pillez ; tuez et violez
Sans trêves !

Il fut adoré,
Pendu et brulé.

La terre trembla devant l'écume
De nos guerriers,
Habités de la rage
Et de l'esprit du vent.

**

Ainsi,
L'Homme-Nous vainquit,
Posséda et détruisit
Tout ce qui vécut sur Terre.

**

Enfin, La haine s'enfuit
Avec les vents et le bruit.

L'Homme-Nous fut vaincu
Par sa propre victoire.

 

Acte Troisième. Perpétuel recommencement.

 

Mais déjà l'Homme-Lui ;
L'Homme-Vous et l'Homme-Moi
Guettent dans l'ombre,
Attendant que viennent
Les vents et les prophètes.

La haine et la rage hantent
Notre cœur, notre âme
Et nos esprits.

**

Le temps passa,
Le Ciel devint gris,
Puis blanc ;
Puis bleu.

Il sera noir demain.

 

Acte dernier. En souvenir de l'espoir.

 

Je vous exhorte :
Refusez sans cesse
La pâle beauté de votre Ombre.

 


[poème intitulé "La beauté de l'Ombre"]
Copyright © [30 Aout 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

samedi 23 août 2008

Le vent souffle sur Rome


Prologue


Le vent du soir souffle sur Rome
Et emporte avec lui mes esprits.


Les vents du soir soufflent sur Rome
La jalousie, l'hésitation et l'amertume.


I -


Comme Néron, je brûlerais la fange !
Celle des esprits, du cœur et des yeux.


Fou. Comme Néron ou bien Nerval,
Mon luth s'endeuille de son silence !


Le poète se complait dans sa complainte,
mine mes esprits et moire ma langueur.


Le poète saurait, lui, qu'il faut choisir,
J'ai fait le choix, moi, de n'y rien faire.


II -


Dans le soir troublant la tempête sourde,
Elle a soif d'expression et entraine mon âme.


Le vent redouble d'effet à mon intention,
Comme d'un frère l'affectueuse attention.


Néron vous dis-je ! Je brûlerais Rome !
Je brûlerais Rome et toutes ses indécisions.


Rome se perd en effet dans la pire débauche,
La débauche de Ma confiance ; de Ma pensée.


III -


Mais pourquoi donc le Pausilippe chez Nerval ? Baste !
Pourquoi, plutôt, ces yeux me hantent-ils trop souvent ?


Arrières ! Ces yeux, je ne les connais que trop !
Différents, ce sont toujours les même pourtant.


Comme les répliques d'un lourd séisme,
Ils viennent frapper à la porte de l'âme.


<> Arrière vous dis-je ! N'entendez-vous point ?
Rome exulte ! Rome brûle ! Cependant, Rome demeure...

IV-


Le vent souffle sur le feu, il soufflera sur les braises.
Car l'avatar du faux amour, hélas, est un phénix.


Je suis Néron ; Je suis Nerval. Arrières, Arrières !
Je ne suis ni Amour, ni Phébus. M'entendez-vous ?


Je serais Charron le passeur du Styx et de l'oubli,
Pour ces yeux éternels et tout ce qui me hante.


Les yeux de l'avatar qui me hantent, mentent-ils ?
Baste, je ne peux rien craindre : Je suis Néron !


V-


Rome a brulé. Rome est cendre désormais.
L'avatar de l'amour-qui-n'est-pas-vrai surgit alors :


« Tu es Néron, mais tu n'es personne,
Rome a brulé, mais Rome n'est rien. »


« Le vent souffle sur les braises fébriles
Et relance les feux que tu feins d'allumer. »


« Tu es Nerval, mais tu n'es rien,
La folie dissimule la faiblesse du poète. »


« Vois. Je suis venu, j'ai vue et je t'aie vaincue.
Soumets-toi ici et maintenant ou crains mon courroux. »


Ainsi parla l'avatar du faux amour
Ainsi parla le phénix du faux amour...


Épilogue


Le vent souffle fort, le vent souffle vite encore,
Nous rappelant que sans souffle cesse la flamme .


**


J'ai été tours à tours Néron puis Nerval :
Mes esprits et mon cœur sont en flammes.


**


Me soumettrais-je un jour à l'avatar ?
Rome brûle. Rome n'est que cendre.
Le phénix renaitra toujours...


[poème intitulé "Le vent souffle sur Rome"]
Copyright © [Eté 2008] [Jean-Mark Guérin]
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lundi 16 juin 2008

l'Homme-bête...


Ô sang et lave !
Ô bouillonnements contraires ;
Ombres d'un ressentiment
Et souvenirs amères !

Ô sang de lave !
Ô envie de frapper ; de cogner
Et de mordre même,
Illusions d'un esprit tourmenté !

Ô sang et lave.
Ô volcan qui sommeil
Au cœur de la bête :
L'homme sans sommeil.

Ô sang de lave !
Ô sombres désirs inassouvis
D'un  faux prophète,
Un  homme-volcan, mort en sursis.

Ô sang de lave...
Bouillonnement de pensés,
L'homme-bête se hais.
Ô sombres muet, Ô dents serrées !

Ô colères ennemies,
L'homme-bête se hais...


[poème intitulé "L'Homme-bête"]
Copyright © [16 Juin 2008] [Jean-Mark Guérin]
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jeudi 8 mai 2008

Ivre d’accalmie



Ô Papillon, ombre –encor !-
De l’amour d’un amour
Déchue,
Es-tu l’amant de
L’Ombre ?

Amante, veux-je dire,
Puisque tu es
Papillonne !

Amante donc de l’ombre,
Celle, tu sais,
De l’esprit.

Celle, tu sais,
Qui m’hante.

Ô Papillon-chenille,
Ô Papillon-chrysalide,
Emporte -emporte vite !-
L’ombre de l’amour
De mes amours
Déchues.

Porte pour moi ces
Souvenirs.

Souvient-en, car je l’ordonne,
Jusqu’en Arcadie.

Porte en toi, je l'ordonne,
Mes amours-tourments ;
Mes amours-frivoles ;
Mes amours-fantoches ;
Mes amours-âgés ;
Mes amours-mioches et
Mes amours-oublie.

Porte, porte-vite,
Ces fragments d’une
Vie ; eux qui sont ma vie.

Papillon-chenille puis
Papillon chrysalide,
Tu deviendras Papillon-amours
Non pas Cupidon, mais l'ombre
D’une ombre .

Ombre, disais-je, de l’amour de
mes amours
Déchues.

Et, ma mort pour éclipse,
Tu vole et volera,
Libre de moi et libre du tombeau.

Tu emporteras l’ombre
De l’Ombre,
celle de l’amour des
Amours déchues.

En soleil couchant d'Arcadie,
Moi, ivre d'accalmie...



[poème intitulé "Ivre d'accalmie"]
Copyright © [8 Mai 2008] [Jean-Mark Guérin]
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