Prologue


Le vent du soir souffle sur Rome
Et emporte avec lui mes esprits.


Les vents du soir soufflent sur Rome
La jalousie, l'hésitation et l'amertume.


I -


Comme Néron, je brûlerais la fange !
Celle des esprits, du cœur et des yeux.


Fou. Comme Néron ou bien Nerval,
Mon luth s'endeuille de son silence !


Le poète se complait dans sa complainte,
mine mes esprits et moire ma langueur.


Le poète saurait, lui, qu'il faut choisir,
J'ai fait le choix, moi, de n'y rien faire.


II -


Dans le soir troublant la tempête sourde,
Elle a soif d'expression et entraine mon âme.


Le vent redouble d'effet à mon intention,
Comme d'un frère l'affectueuse attention.


Néron vous dis-je ! Je brûlerais Rome !
Je brûlerais Rome et toutes ses indécisions.


Rome se perd en effet dans la pire débauche,
La débauche de Ma confiance ; de Ma pensée.


III -


Mais pourquoi donc le Pausilippe chez Nerval ? Baste !
Pourquoi, plutôt, ces yeux me hantent-ils trop souvent ?


Arrières ! Ces yeux, je ne les connais que trop !
Différents, ce sont toujours les même pourtant.


Comme les répliques d'un lourd séisme,
Ils viennent frapper à la porte de l'âme.


<> Arrière vous dis-je ! N'entendez-vous point ?
Rome exulte ! Rome brûle ! Cependant, Rome demeure...

IV-


Le vent souffle sur le feu, il soufflera sur les braises.
Car l'avatar du faux amour, hélas, est un phénix.


Je suis Néron ; Je suis Nerval. Arrières, Arrières !
Je ne suis ni Amour, ni Phébus. M'entendez-vous ?


Je serais Charron le passeur du Styx et de l'oubli,
Pour ces yeux éternels et tout ce qui me hante.


Les yeux de l'avatar qui me hantent, mentent-ils ?
Baste, je ne peux rien craindre : Je suis Néron !


V-


Rome a brulé. Rome est cendre désormais.
L'avatar de l'amour-qui-n'est-pas-vrai surgit alors :


« Tu es Néron, mais tu n'es personne,
Rome a brulé, mais Rome n'est rien. »


« Le vent souffle sur les braises fébriles
Et relance les feux que tu feins d'allumer. »


« Tu es Nerval, mais tu n'es rien,
La folie dissimule la faiblesse du poète. »


« Vois. Je suis venu, j'ai vue et je t'aie vaincue.
Soumets-toi ici et maintenant ou crains mon courroux. »


Ainsi parla l'avatar du faux amour
Ainsi parla le phénix du faux amour...


Épilogue


Le vent souffle fort, le vent souffle vite encore,
Nous rappelant que sans souffle cesse la flamme .


**


J'ai été tours à tours Néron puis Nerval :
Mes esprits et mon cœur sont en flammes.


**


Me soumettrais-je un jour à l'avatar ?
Rome brûle. Rome n'est que cendre.
Le phénix renaitra toujours...


[poème intitulé "Le vent souffle sur Rome"]
Copyright © [Eté 2008] [Jean-Mark Guérin]
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